A Genève, la Cour des comptes s'est penchée sur le fonctionnement des services des votations (SVE). Cet audit très attendu après l'affaire de soupçons de fraude électorale de mai 2019 révèle des faiblesses dans la traçabilité du matériel électoral, un encadrement du personnel insuffisant et des locaux vétustes inadaptés.

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«La Cour des comptes n'a pas effectué d'audit de fraude, cet aspect étant couvert par les investigations du Ministère public», a indiqué jeudi Sophie Forster Carbonnier, la magistrate qui a mené l'audit. La Cour s'est concentrée sur le traitement du vote par correspondance dans les locaux de SVE.

La magistrate a d'emblée rappelé le contexte particulier dans lequel s'inscrit l'audit. En février 2019, deux collaboratrices auxiliaires du SVE avaient saisi la Cour au sujet de potentiels dysfonctionnements. Vu la gravité des allégations, la Cour a dénoncé les faits au procureur général.

Insultes

Des perquisitions et une interpellation ont eu lieu en mai 2019, quelques jours avant un scrutin aux enjeux majeurs à Genève. Le Ministère public a rapidement écarté les soupçons de fraude électorale. Les deux auxiliaires ainsi qu'un troisième dont les agissements avaient été dénoncés ne sont plus appelés à travailler au SVE, le temps que les responsabilités soient établies.

Cette affaire sensible qui a causé des dégâts d'image sur le SVE, était émotionnellement très difficile à gérer, a indiqué jeudi la chancelière Michèle Righetti. Le personnel, qui a toujours eu pour préoccupation principale d'assurer la sécurité et la confidentialité du vote, s'est fait insulter par des citoyens fâchés, a-t-elle ajouté.

Des faiblesses

Le rapport de la Cour des comptes était donc nécessaire pour restaurer la sérénité et la confiance, selon la chancelière. Il révèle toutefois de nombreuses faiblesses au sein de ce service. L'absence d'un système d'information et de gestion intégrée permettant une traçabilité du matériel électoral est pointée du doigt.

Les magistrats relèvent aussi le manque d'encadrement du personnel auxiliaire, notamment en matière de formation. L'absence d'information des collaborateurs peut mener à des interprétations erronées de certaines situations, a indiqué Mme Forster Carbonnier.

Enfin, les locaux du SVE sont vétustes, inadaptés et ne respectent pas les normes anti-incendie en vigueur, conclut l'audit. Lorsque le matériel de vote arrive, le service qui est submergé doit le stocker dans les couloirs, a précisé la Cour. Faute de place, les équipes se répartissent entre le jour et la nuit. Un déménagement est indispensable, selon la Cour des comptes.