Surfant sur la vague violette de la grève des femmes, les CFF annoncent une nouvelle mesure destinée à favoriser l’égalité au sein de l’entreprise: le temps partiel à l’essai. Dès l’automne prochain, les employés auront la possibilité de réduire leur taux de travail. Avec cette particularité: ils pourront revenir à la situation initiale après trois à six mois.

Lire aussi: Première victoire après la grève des femmes

Ainsi, la personne qui le souhaite pourra passer à 90%, 60% ou 50% – par exemple après la naissance d’un enfant ou à des fins de formation continue – et revenir à temps plein si la réduction de son activité ne répond qu’à des besoins temporaires, ou simplement si l’expérience ne la convainc pas. Ouverte à l’ensemble du personnel des CFF, cette initiative vise plus particulièrement à encourager le temps partiel auprès des hommes et des cadres afin de réduire les écarts entre genres. Parmi les 32 000 employés des CFF, 17,3% sont des femmes. Elles sont 55% à temps partiel, contre 13% de leurs collègues masculins.

Pouvoir mieux concilier travail et vie familiale a des effets bénéfiques non seulement pour les employés, mais aussi pour l’entreprise

Christoph Adrian Schneider, spécialistes en ressources humaines auprès des CFF

«Nous voulons encourager des modes de travail plus flexibles», souligne Christoph Adrian Schneider, spécialistes en ressources humaines auprès des CFF. Or, les employés hésitent souvent: est-ce bien pour moi? Pourrais-je m’accommoder d’un salaire plus bas? En proposant le temps partiel à l’essai, les CFF espèrent inciter les indécis à tenter l’expérience. Le plus grand défi: introduire le temps partiel jusque dans les positions hiérarchiques. «Nous avons encore trop souvent l’impression qu’un poste de chef n’est possible qu’à 100%. Les exemples démontrant le contraire manquent», ajoute Christoph Adrian Schneider.

Répondre aux attentes des nouvelles générations

Quel intérêt pour l’employeur? «Pouvoir mieux concilier travail et vie familiale a des effets bénéfiques non seulement pour les employés, mais aussi pour l’entreprise. Certaines études soulignent qu’on est plus productif à temps partiel, mais aussi plus heureux.» Autre raison: remédier à la pénurie de main-d’œuvre. «La société change, nous devons nous adapter. Les nouvelles générations s’intéressent moins au statut et au revenu et davantage à la possibilité d’avoir du temps. Afin de fonctionner à l’avenir, nous avons besoin de toute urgence de nouveaux modèles de travail», expose Christoph Adrian Schneider.

Lire également: Ils sont patrons à temps partiel

Dans le même élan, les CFF comptent aussi favoriser le «job sharing», en donnant droit à des taux d’occupation de 120% partagés pour des postes à 100%. «Le partage de postes favorise la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle pour les hommes comme pour les femmes, et permet de recruter davantage de femmes à des postes d’encadrement», indique l’entreprise.