La publicité pour le petit crédit devrait être interdite en Suisse. Par 93 voix contre 73, le Conseil national a donné suite mardi à une initiative parlementaire de Josiane Aubert (PS/VD), relate l’ATS. Dans la foulée, il a réclamé une enquête sur l’endettement des Suisses, notamment celui des jeunes. L’initiative, sur laquelle le Conseil des Etats doit encore se prononcer, a passé le cap grâce au soutien de la gauche, du PDC et et de quelques autres bourgeois. La publicité incite les jeunes à la consommation et au plaisir immédiat sans contrainte, a dénoncé Josiane Aubert. L’endettement des jeunes est un grave problème: la moitié des adultes surendettés ont contracté leur première dette entre 18 et 25 ans. Six villes vaudoises - qui doivent porter secours à ces personnes via l’aide sociale - ont voulu interdire la publicité pour le petit crédit. Mais elles ont été déboutées par la justice car la législation fédérale ne leur permet pas d’aller aussi loin, a déploré la Vaudoise. Au total, les créances atteignent 1,449 milliard de francs, a rappelé Lucrezia Meier-Schatz (PDC/SG). En Suisse, 18% des ménages vivent avec au moins un crédit contre 28% dans l’Union européenne (UE), a pour sa part précisé le ministre des affaires sociales Didier Burkhalter. Et 8% vivent avec des découverts critiques contre 9,3% dans l’UE. L’endettement frappe davantage les chômeurs, les étrangers et les familles monoparentales. 23% des 18-24 ans vivent dans un ménage ayant contracté une emprunt.Pour la droite, l’interdiction est mesure est disproportionnée et inefficace. La publicité oblige quand même à une certaine transparence. Si on l’interdit, le bouche à oreille prévaudra pour l’offre de petits crédit, sans moyens de contrôle, a affirmé Charles Favre (PLR/VD) au nom de la commission. Et de rappeler que la législation actuelle oblige déjà que les conséquences du petit crédit soient précisées et que ces prêts soient interdits s’ils entraînent un surendettement.