Jets de pierres, de pieux en bois, de bouteilles de bière d'un côté, lances à eau et gaz lacrymogènes de l'autre: la manifestation anti-UDC organisée par un mouvement anonyme devant un Polyexpo transformé en camp retranché a dégénéré en combat de rue. Au final, seuls quelques dégâts matériels ont été recensés: trois voitures parquées à l'intérieur de l'enceinte de sécurité ont été endommagées. La police a interpellé quatre personnes avant de les relâcher.

Tout avait pourtant commencé dans une ambiance bon enfant. A 14 heures, alors que Christoph Blocher avait quitté La Chaux-de-Fonds depuis une bonne demi-heure, des dizaines de manifestants anarchistes, de gauche et d'extrême gauche ont commencé à se masser derrière les barrières antiémeute. A 14 h 30, les insultes ont succédé aux chansons. Alors que plusieurs délégués UDC quittaient la salle de conférence, les 250 manifestants, pour la plupart chaux-de-fonniers, les ont hués en leur lançant des boules de neige.

Une dizaine d'ultras masqués ont alors tenté de renverser les barrières de sécurité. Après un temps d'hésitation, la police les a repoussés à coups de jet d'eau. Remontés, certains manifestants – parmi lesquels des jeunes venus exclusivement pour «casser» – ont abandonné les boules de neige pour des projectiles plus lourds. Le mur de pierre sèche du Musée paysan tout proche leur a servi de réserve de munitions. Après plusieurs sommations, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser une foule déjà réduite de moitié. Après un ultime face-à-face devant l'accès est de Polyexpo, le solde des manifestants a pris la direction de l'Hôtel de Ville où étaient maintenues deux des personnes interpellées.

Porte-parole de la police cantonale neuchâteloise, André Duvillard relevait le côté «extrêmement délicat d'une situation où la violence appelle la violence». Il insistait également sur l'excellente coordination entre les différents corps de police du canton engagés dans l'opération. «Nous avions 50 hommes à l'intérieur de l'enceinte et une septantaine en réserve le cas échéant. Pour la première fois, nous avions un dispositif unique avec un ordre d'engagement incluant la gendarmerie et les polices des villes. C'est une très bonne chose dans la perspective de la réforme Police 2006.»

L'impact financier de ces mesures de sécurité exceptionnelles sera réduit pour la ville et le canton. Louées à l'armée, les centaines de mètres de barrières ont été installées par les travaux publics chaux-de-fonniers. Quant à l'engagement exceptionnel des forces de police, il n'entraînera pas de coûts particuliers.