Enfants placés

Enfants placés: une victime part pour un tour de Suisse à pied

A la veille du débat au National sur l'initiative sur la réparation, le Fribourgeois Clément Wieilly se met en route pour défendre la cause

C’est sous la pluie que le Fribourgeois Clément Wieilly a pris la route. Parti de Berne ce vendredi matin, il compte faire le tour de Suisse à pied pour sensibiliser la population à la cause des enfants placés. Luzius Mader, directeur suppléant de l’Office fédéral de la justice, a été le premier à signer son livre d’or.

Le temps est long pour les victimes, placées de force et souvent violentés dans des fermes ou institutions en Suisse. Depuis que leur histoire n’est plus un tabou, ils attendent d’être dédommagés pour l’injustice subie. Une initiative demandant réparation a été déposée fin 2014. Le Conseil fédéral y a répondu par un contre-projet et le Conseil national en débattra les 26 et 27 avril prochains.

Une bataille entamée en 2013

Lui-même victime, le Fribourgeois Clément Wieilly se bat depuis 2013 afin de faire toute la lumière sur ce trouble passé, de récolter des témoignages, d’aider d’autres concernés. Le périple de 1800 kilomètres qu’il entame sera marqué par une soixantaine d’étapes. Il compte être de retour à Berne le 15 juin et remettre à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga son livre d’or, signé par les autorités locales rencontrées.

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D’ici-là, le Conseil national aura tranché. «J’attends des politiciens qu’ils soient sensibles à cette cause dont on parle depuis des années. Qu’ils mettent leur statut de côté, soient humains et pensent aux victimes", déclare Clément Wieilly.

Un contre-projet mis en avant

Le Conseil fédéral propose de rejeter l’initiative en faveur d’un contre-projet indirect qui a le mérite de traiter la question de l’indemnisation plus rapidement, car de nombreuses victimes sont déjà âgées. Mais il y a une différence: l’initiative demande la création d’un fonds de 500 millions de francs suisses. Le projet du Conseil fédéral propose 300 millions. Il est soutenu par la commission des affaires juridique qui a ajouté une règle: le montant versé ne doit pas dépasser 25 000 francs par victime.

Une minorité formée d’élus de l’UDC et du PLR combattra la loi. Elle doute que le versement de prestations financières permette de réparer le tort subi et rappelle que la Confédération a déjà reconnu l’injustice faite aux victimes.

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