Fidèle fonctionnaire de la commune du Locle, l'ancien chef des Finances accomplissait son travail au plus près de sa conscience. Quand l'heure de la retraite a sonné, il s'est octroyé une petite augmentation pour améliorer sa pension. En février, le POP avait interpellé le Conseil communal (exécutif) pour demander des explications à propos de ce qu'il qualifiait de «couac au Service des finances».

Le rapport de l'enquête confiée par l'exécutif à Pierre Aubert, juge du Tribunal de Neuchâtel, est aujourd'hui connu: «Le chef de service a commis une erreur en pensant pouvoir augmenter son salaire assuré indépendamment de son salaire réel. Il a surtout eu le tort de ne pas s'assurer de la légalité de sa démarche auprès de sa caisse de pension.»

L'augmentation avait été accordée avec l'accord du chef de la Comptabilité, et le conseiller communal responsable des Finances, Jean-Pierre Duvanel. Le juge Aubert note que «le directeur des Finances aurait dû soumettre la question au Conseil communal et vérifier la légalité», mais le juge conclut qu'il s'agit «de fautes bénignes qui ne remettent en cause ni la probité de leurs auteurs, ni leur conscience professionnelle». Il propose au Conseil communal d'en rester là, et c'est ce qu'il fera, a confirmé la présidente Josiane Nicolet.

Membre du POP, et signataire de l'interpellation qui a rendu l'affaire publique, Claude Leimgruber rappelle que ce fonctionnaire était, avec quelque 8000 francs par mois, «le mieux payé de la commune». Il ajoute: «Toute augmentation doit être décidée par le Conseil communal, et je m'étonne que le directeur des Finances n'en ait pas parlé à ses collègues de l'exécutif…»

Cette petite augmentation accordée dans les hautes sphères de l'administration tombait mal car la commune venait de proposer de raboter les salaires des fonctionnaires pour réduire son déficit…