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Vaud

Enregistrement clandestin à l’UDC Vaud: Fabienne Despot parle de «maladresse»

La présidente de la section vaudoise du parti ne quittera pas ses fonctions. Face à la presse ce matin, elle a évoqué une «erreur» qui ne justifie pas sa démission, ni son retrait, même si elle n’exclut pas totalement d’abdiquer si le climat s’envenime

Fabienne Despot ne compte pas démissionner, ni se retirer de la course aux élections fédérales. Ce lundi, la présidente de l’UDC Vaud s’est expliquée devant la presse sur la nouvelle crise qui secoue le parti. Dans son édition de samedi, La Liberté révélait en effet que Fabienne Despot avait enregistré une conversation impliquant d’autres dirigeants du parti, à leur insu. Lundi, la présidente a présenté ses excuses à ses collègues pour cette «maladresse».

Une «erreur» qui ne justifie pas selon elle son abdication: «Les instances dirigeantes ont réitéré leur confiance à mon égard», affirme-t-elle. Fabienne Despot a obtenu le soutien du comité central du parti réuni jeudi soir, lequel a confirmé par un vote sa position de présidente de la section cantonale de l’UDC, et sa candidature aux élections fédérales par 17 voix, contre deux abstentions et deux oppositions.

Fabienne Despot n’exclut pas toutefois de se retirer de la course si la situation s’envenimait dans les semaines à venir. «Cette affaire est de nature à entacher notre début de campagne», a souligné de son côté Kevin Grangier, secrétaire général de l’UDC Vaud, dénonçant au passage une «tentative de déstabilisation» destinée à «empêcher l’UDC d’obtenir des sièges aux élections fédérales».

L’affaire qui agite l’UDC Vaud remonte au printemps 2014. Philippe Stauber, président du groupe au conseil communal lausannois, s’en prend à Fabienne Despot dans une lettre ouverte publiée dans 24 heures.

Il accuse la présidente de nuire au parti, alors en proie à une profonde crise autour de la personnalité controversée de Claude-Alain Voiblet, vice-président de l’UDC Suisse et ancien président de la section cantonale vaudoise. Les instances dirigeantes de l’UDC vaudoise convoquent alors une réunion de médiation en présence de Fabienne Despot et de Philippe Stauber.

A côté de la présidente, trois autres membres se retrouvent à l’heure du rendez-vous: Michaël Buffat, chef du groupe au Grand Conseil, ainsi que les vice-présidents Jean-François Thuillard et Monika Commissione. Ils attendent l’auteur de la lettre au vitriol Philippe Stauber, en vain, puisqu’il ne se présentera pas.

Pendant ce temps, Fabienne Despot enregistre les conversations sur un appareil prêté par son compagnon d’alors, ex-policier et détective. «Mon but n’était autre que de laisser une trace de mes propos pour qu’ils ne puissent être déformés», se défend aujourd’hui la présidente.

En mai 2014, l’élue UDC et son compagnon se séparent. L’enregistrement se trouvera entre les mains de Jean-Luc Laurent. Aujourd’hui au Parti bourgeois-démocratique, l’homme avait quitté l’UDC avec fracas en avril 2014. Il contestait la médiation orchestrée par la direction du parti suite aux dissensions autour de Claude-Alain Voiblet.

En juin dernier, le transfuge contacte la direction de son ancien parti pour l’informer qu’il détient l’enregistrement, ainsi que deux clés USB contenant des documents compromettants sur quatre membres du parti, candidats aux élections fédérales.

Selon Kevin Grangier, le «maître chanteur» tente d’obtenir leur retrait de la course. Il exige aussi de recevoir la copie d’un rapport interne confidentiel sur la crise au sein de l’UDC. Rédigé par les conseillers nationaux UDC Raymond Clottu et Pierre-François Veillon, ce document blanchissait Claude-Alain Voiblet, accusé d’avoir abusé de l’assurance chômage et imposé ses vues au sein du parti.

Plusieurs membres de l’UDC ont déposé une plainte contre Jean-Luc Laurent. Le 17 juillet, la police a saisi à son domicile l’enregistrement réalisé par Fabienne Despot, ainsi que les deux clés USB. Kevin Grangier affirme que le «maître chanteur» ne détenait aucun élément compromettant. «Ce sont des discussions de bistrot, il n’y a rien de pénalement répréhensible», dit-il. Quant aux clés USB, elles seraient vides.

Mais l’événement montre, à trois mois des élections, le visage d’une UDC vaudoise rongée par des guerres intestines et marquée par un déficit de confiance à l’intérieur même de ses instances dirigeantes.

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