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Anne Emery-Torracinta, conseillère d'Etat genevoise
© SALVATORE DI NOLFI

Genève

Enseignant révoqué pour faits à connotation sexuelle

Le Conseil d'Etat genevois a usé de la sanction disciplinaire la plus lourde pour sanctionner le comportement d'un professeur avec des élèves 

Le Conseil d'Etat a révoqué cette semaine un enseignant du Collège de Saussure pour son comportement à connotation sexuelle avec deux élèves et une ancienne élève majeure, a appris La Tribune de Genève. Cette mesure rare  - le précédent cas de révocation remonterait à 2011 - a été décidée sur la base d’un rapport d’enquête administrative ayant conclu à la violation des devoirs de fonction.

La révocation a été proposée par la cheffe du Département de l’instruction publique (DIP), Anne Emery-Torracinta, et approuvée à l’unanimité, en moins d’une demi-heure, par l’ensemble du collège, précise le quotidien genevois.

Le rapport d'enquête, qui est signé par Marielle Tonossi, juge au Tribunal administratif de première instance et dont la Tribune de Genève a eu connaissance, évoque notamment des échanges de messages électroniques avec l’une de ses élèves. Dans ces échanges, qui répondent aux besoins scolaires mais qui prennent une connotation sexuelle, l'enseignant envoie une vidéo où il apparaît sous la douche en train de toucher son pénis. Des faits qu’il a reconnus, tout comme le fait d’avoir sollicité des photos dénudées de cette élève. 

Les autres situations concernent une autre de ses élèves, qui venait d'obtenir sa maturité, et une troisième jeune fille, qui n'était pas son élève. «Un enseignant n’a pas à interroger une élève sur ses relations amoureuses ni à lui envoyer des messages la complimentant sur son physique», note l'enquêtrice.

Le rapport d'enquête écarte néanmoins tout type de harcèlement de la part du fonctionnaire. L’un de ses avocats l'avait précédemment souligné dans les colonnes du journal genevois: «Notre client ne s’est pas défilé. Il a reconnu avoir commis des erreurs, mais elles doivent être replacées correctement dans l’échelle de gravité. Il s’agit exclusivement d’échanges WhatsApp. On est hors du domaine pénal. Il ne présente aucun danger pour ses élèves.»

Cette affaire est à replacer dans le contexte des dénonciations survenues à la suite des accusations portées par d’autres anciennes élèves contre Tariq Ramadan, ex-professeur de ce même Collège de Saussure. 

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