Genève

Des enseignants en «grève des notes»

Environ un cinquième des maîtres du post-obligatoire veut contraindre le gouvernement à concrétiser des mesures visant à réduire les effectifs par classe. Ce mouvement de grogne pourrait s’étendre à d’autres pans de l’école

Enseignants en grève des notes

Genève Crainte de classes surchargées au cœur des revendications

Après un débrayage de la fonction publique genevoise en décembre, précédant le vote du budget cantonal, c’est au tour des enseignants du post-obligatoire de manifester leur mécontentement vis-à-vis de leur employeur. Mardi, environ un cinquième des 2500 maîtres qui officient notamment dans les collèges et les écoles de commerce ont annoncé suivre ce mouvement de protestation qui consiste en une grève des notes. Dorénavant, ces quelque 550 professeurs suspendront la remise des résultats semestriels pour le mois de janvier. Cette mesure, pouvant être reconduite dans le futur, vise à malmener le fonctionnement de l’administration. Sans notes, le Département de l’instruction publique (DIP) se retrouve dans l’incapacité d’établir des prévisions pour la prochaine rentrée scolaire.

Les enseignants reprochent au Conseil d’Etat ne pas respecter l’accord conclu en octobre 2013 qui avait pour objectif de garantir de meilleures conditions de travail pour eux-mêmes ainsi que pour leurs élèves. En ligne de mire, des classes surchargées – «de 25 à 27 élèves par classe au lieu des 24 recommandés», avancent les enseignants, lesquels ne souhaitent pas que cette situation se généralise. En parallèle, les professeurs exigent également de conserver l’aide à la réorientation des élèves en difficulté en première année.

Retards dans le programme

Le «prix» de cet accord est estimé à «un peu moins de 10 millions de francs», soit 0,5% des dépenses du DIP. Mais depuis la signature du document, les enseignants n’ont pas obtenu la garantie que le texte soit appliqué à la rentrée 2016, comme stipulé originellement. De surcroît, ces derniers craignent que les récentes diminutions budgétaires votées par le parlement n’aboutissent purement et simplement à un abandon de l’accord.

Les signes «que nous avons reçus du Conseil d’Etat» ne sont pas très encourageants, explique Jean-Pierre Martinet, membre du comité de l’Union du corps enseignant secondaire genevois (UCESG). Lequel concède que les conséquences sur les élèves ne sont pas indolores. «Mais le mouvement doit être significatif», argue ce dernier. Bien que les notes soient transmises oralement aux élèves et à leurs parents, la hiérarchie sera incapable d’établir les bulletins scolaires. Plus grave, la grève pourrait aussi retarder les changements de filière ou les réorientations des étudiants.

Contactée, la conseillère d’Etat chargée de l’Instruction publique, la socialiste Anne Emery-Torracinta, n’a pas voulu s’exprimer. «Le Conseil d’Etat ne souhaite pas passer par l’intermédiaire des médias», fait savoir sa porte-parole.

La grève des notes pourrait s’étendre à d’autres pans de l’école, comme le cycle d’orientation. Une réunion entre les associations d’enseignants doit se dérouler jeudi pour définir la stratégie à suivre.

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