Enseignement

Les enseignants romands sont fatigués

Une étude mandatée par la faîtière syndicale du corps enseignant met en lumière un état de santé inférieur à celui de la population suisse

Une étude de l’Institut universitaire romand de santé au travail l’atteste: les enseignants sont exténués. «42,4% des personnes ayant répondu au sondage atteignent des scores qui indiquent une situation de burn-out! Il est temps que les autorités cessent de faire la sourde oreille», tonne Samuel Rohrbach, président du Syndicat des enseignants romands (SER). Envoyé à plus de 10 000 enseignants, le questionnaire aborde des questions socio-démographiques, professionnelles et de santé.

Les chiffres de l’enquête exposent un ras-le-bol général: plus de six personnes sur dix estiment que leur état de santé s’est dégradé en raison de leur activité professionnelle ces cinq dernières années, deux tiers définissent leur métier comme stressant et plus de 50% affirment avoir le sentiment de devoir «tenir le coup» pendant la période scolaire, déclarant continuer de ressentir l’impact des contraintes scolaires en vacances. Deux tiers sont d’ailleurs malades en début de congé – démontrant un besoin de récupération avancé. Selon ces mesures, l’état de santé des enseignants est même inférieur à celui de la population suisse.

La santé au centre des revendications

Face à ces conclusions, le syndicat demande à la Conférence intercantonale des chefs des départements de l’instruction publique de Suisse romande (CIIP) de créer une commission qui veille à l’application d’une pléthore de mesures: amélioration des conditions-cadres d’enseignement pour prévenir l’épuisement, révisions des textes légaux pour comptabiliser la surcharge de travail d’encadrement, meilleure définition des activités du corps enseignant pour tenir compte de l’augmentation des tâches administratives. Samuel Rohrbach dénonce: «La péjoration des conditions de travail est signalée depuis des années. Notre pays a les moyens de rectifier le tir, quoiqu’en disent les responsables cantonaux des finances.»

L’instruction publique romande attentive

Présidente de la CIIP, la Neuchâteloise Monika Maire-Hefti prend ces résultats très au sérieux: «Nous nous pencherons sur cette étude dès la prochaine séance. Une structure de travail intercantonale doit être mise en place pour prévenir en amont les maux constatés ici, précise la conseillère d’Etat. Nous allons travailler de manière concrète pour améliorer le quotidien des enseignants.» Ceux-ci revendiquent notamment une formation de type master pour tous les niveaux d’instruction. Sans convaincre l’édile: «Nous n’avons simplement pas les moyens d’offrir un salaire correspondant à ce niveau d’étude pour tous les degrés d’enseignement», explique-t-elle.

Si des désaccords existent, un constat réunit tout le monde: le métier a beaucoup changé ces dernières années. «Aux attributions traditionnelles s’ajoute un véritable accompagnement à l’éducation. Nous sommes bien conscients que la charge et la pénibilité du travail s’en trouvent décuplées», admet Monika Maire-Hefti. Une manière de rappeler que l’enseignement n’est pas uniquement du ressort des enseignants ou des autorités.

 

 

Dossier
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