Entre 3000 et 4000 places de crèche manquent à Genève

Petite enfance Plus de trois quarts des enfants sont confiés à des tiers pour des raisons professionnelles. Un sur trois l’est à plein-temps

Une telle radiographie des familles genevoises – et de leurs attentes en matière d’accueil pré­scolaire – n’avait pas été réalisée dans le canton depuis 2002. Sur demande du Département de l’instruction publique, le Service de la recherche en éducation (SRED) a dévoilé jeudi les premiers résultats d’une large enquête sur les pratiques et préférences de presque 2400 familles représentatives de la population, laquelle dénombre plus de 18 000 familles et 21 000 enfants.

Sans surprise, les parents font de plus en plus appel à des tiers pour garder leurs enfants. Plus de trois quarts d’entre eux (78%) sont confiés régulièrement – au moins une demi-journée par semaine – à d’autres personnes que leurs parents. Un phénomène qui ne cesse de s’amplifier depuis douze ans. En 2002, 69% des parents seulement avaient confié leurs chérubins à des structures d’accueil ou à un tiers. La durée de garde est également en augmentation: 31 heures par semaine en moyenne, contre 24 heures et demie en 2002. Par ailleurs, plus les enfants sont jeunes, plus le temps pendant lequel ils sont confiés est important: 33 heures pour les enfants âgés de moins de1 an.

Accueil à domicile mal-aimé

Principale cause de cette hausse de la durée de prise en charge: «Le travail», avancent trois quarts des parents sondés. Des raisons éducatives («socialisation, contacts avec d’autres enfants, jeux et activités») sont mentionnées pour 20% des enfants confiés. Si la grande majorité des parents se déclarent très satisfaits d’avoir pu placer leur enfant dans une crèche (et dans un jardin d’enfants ou garderie dans une moindre mesure), deux tiers de ceux qui n’ont pas eu cette opportunité ne sont pas satisfaits d’avoir dû faire appel «par défaut» à une accueillante familiale ou à une personne à domicile.

L’étude révèle aussi que les attentes des jeunes parents en matière d’accueil préscolaire sont loin d’être comblées. La moitié des familles souhaite prioritairement que l’offre d’accueil de la petite enfance soit améliorée. Viennent ensuite l’allégement du coût de la garde de leurs jeunes enfants (27%) et le renforcement des aides favorisant les parents à prendre en charge eux-mêmes leurs enfants durant la journée (21%).

Réalisé en mai 2014, le sondage du SRED permet de déduire le déficit de places d’accueil dans le canton. Même si l’offre s’est étoffé ces dix dernières années (+ 2000 places), entre 3000 et 4000 places sont toujours manquantes pour répondre aux demandes parentales.