Sur la place du Marché de Vevey, la collaboration de milliers de participants ne va pas sans anicroches. Le premier incident sérieux dans le déroulement des répétitions de la Fête des Vignerons a eu lieu dimanche soir. Les musiciens de l'Orchestre de la Suisse romande et de l'Orchestre de chambre de Lausanne ont quitté leur kiosque dès la fin de leur service, à 22 h 30, alors que la répétition avec les figurants n'était pas terminée. Certains de ces derniers ont réagi à ce départ en huant copieusement les instrumentistes, voire en les menaçant physiquement.

Coupant court aux rumeurs qui allaient bon train, François Rochaix s'est adressé à l'ensemble des figurants en direct sur Radio Arlevin, hier à 19 h 30. Sur un ton pacificateur mais ferme, il a voulu mettre un terme à ce qu'il appelle un «incident regrettable» et a tenu à rappeler des «faits objectifs»: il a lui-même arrêté la répétition à l'heure prévue, sachant que l'orchestre avait déjà dû se contenter d'une pause écourtée. «J'ai fait une erreur et je m'en excuse, a-t-il ajouté, celle de ne pas demander aux musiciens de prolonger la répétition d'un quart d'heure pour aller jusqu'au bout du spectacle. Ils m'ont assuré qu'ils auraient été prêts à le faire.»

François Rochaix a rappelé que l'Orchestre de la Suisse romande et l'Orchestre de chambre de Lausanne ont accepté des conditions de travail tout à fait particulières à l'occasion de la Fête des Vignerons. Notamment celles de revêtir des costumes et d'accepter de jouer trois heures de suite sans pause, «ce qui est fatigant et n'arrive jamais, même dans les opéras de Wagner.» Ces conditions de travail font l'objet de clauses dans les conventions collectives, auxquelles les musiciens ne dérogent habituellement pas. En calmant le jeu, François Rochaix a bien compris que ce qui fait la richesse de la Fête, mais aussi sa difficulté, c'est la manière de concilier l'enthousiasme des amateurs et le savoir-faire des professionnels.