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«Le glissement général à droite dont on parle volontiers reste très théorique», constate Olivier Meuwly. (Keystone)

Succession de Didier Burkhalter

Entre le PLR et le PDC, le fossé s’est creusé

Contrairement à ce qui s’est passé en 2009, le siège libéral-radical n’est pas contesté. C’est normal: le PLR va mieux, note l’historien Olivier Meuwly

Le PDC ne conteste pas le siège libéral-radical, contrairement à ce qui s’est passé en 2009. C’est logique. Il y a huit ans, les démocrates-chrétiens étaient encore traumatisés par la perte de leur second fauteuil gouvernemental, ravi par l’UDC en 2003. Et ils pouvaient se prévaloir de parts électorales assez proches de celles du PLR. Aux élections fédérales de 2007, le PDC se situait à 14,5% et les radicaux, pas encore fusionnés avec les libéraux, à 15,8%. Et il comptait 558 députés dans les parlements cantonaux pour 550 radicaux. C’est fort de ces statistiques qu’il revendiqua, à travers la candidature d’Urs Schwaller, le siège laissé vacant par Pascal Couchepin. La manœuvre échoua.

Huit ans plus tard, les écarts se sont creusés. Le PDC a poursuivi son érosion, chutant à 11,6% en 2015, alors que le PLR désormais fusionné a relevé la tête à 16,4%. La tendance est identique dans les législatifs cantonaux: 551 députés PLR y siègent pour 426 démocrates-chrétiens. Le PLR a ainsi mis un terme à la lente mais régulière descente amorcée en 1979, lorsqu’il séduisait encore 24% de l’électorat.

«Le PLR va globalement mieux. Il a réussi à retrouver un discours entre son aile gauche et son aile droite, qui l’avaient quelque peu déserté. Il parvient mieux à jongler entre ces deux courants que dans les années 1990 et 2000», analyse l’historien Olivier Meuwly, l’un des meilleurs connaisseurs de la droite politique en Suisse. Si le PLR a réussi cette évolution, il le doit en partie à son ancien président Philipp Müller. Cela peut surprendre ceux qui voyaient en lui un crypto-UDC connu pour ses positions très dures en matière d’immigration. Mais l’Argovien, qui ne sera resté que quatre ans à la tête du PLR, aura réussi à fédérer deux courants centrifuges qui s’étaient éloignés l’un de l’autre durant l’ère Pelli.

«A géométrie variable»

Cette évolution se reflète également dans les analyses faites chaque année par le sociogéographe Michael Hermann pour le compte de la NZZ et du Temps. Dans sa dernière évaluation, qui remonte à l’automne 2016, il relevait que c’était désormais le PLR qui donnait le ton au Conseil national. Il a profité du renforcement de la droite aux élections fédérales de 2015. Mais, contrairement aux pronostics, cet affermissement ne s’est pas traduit par un glissement général à droite. En effet, le PLR s’est placé en position d’arbitre. S’il est effectivement proche de l’UDC à propos de fiscalité, de finances ou d’assurances sociales (Prévoyance vieillesse 2020), il n’a pas hésité à pactiser avec la gauche pour la mise en œuvre allégée de l’initiative sur l’immigration.

Lire aussi: Le glissement à droite au parlement se confirme, mais il est sélectif

Et l’on ne s’attend pas davantage à voir le PLR s’associer aux assauts de l’UDC contre le droit international et la libre circulation des personnes. «Le PLR est conscient de sa force réelle. Il apporte aujourd’hui une vision de l’Etat moderne, mais il ne peut l’imposer seul. C’est pour cela qu’il travaille, selon les circonstances, avec l’UDC, avec les Vert’libéraux ou avec la gauche. C’est à géométrie variable. Le glissement à droite dont on parle volontiers reste donc très relatif», commente encore Olivier Meuwly.


 

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