Ils l'avaient appelé «projet de base» à dessein: cela signifiait que ce programme de 37 projets d'expositions défini en décembre n'avait rien de définitif, d'autres expositions pouvant encore trouver sponsor à son pied et s'embarquer dans l'aventure Expo.02. De fait: les contours de l'exposition nationale ont changé depuis décembre, mais pas toujours dans le sens espéré. Certes, quelques-uns des projets laissés en sursis pourraient intégrer le programme définitif. Mais au département artistique, on imagine désormais l'arteplage de Morat sans Identités mobiles, lâché par Orange. Et même si Moritz Leuenberger a demandé ce mercredi, au nom du Conseil fédéral, le retour de SAirGroup, l'Expo part du principe qu'Universum n'en sera pas.

Position critique

Dans les rangs du programme de base, un projet semble encore en position critique, bien que son sponsor ait, comme dans le cas d'Orange, signé un contrat. Il s'agit de Catastrophes naturelles, projet prévu sur l'arteplage de Neuchâtel, et dont le financement – 7 millions de francs – devrait être assuré par l'Union intercantonale de réassurance (IRV). Deux concepts élaborés par des équipes concurrentes ont déjà été présentés à l'Expo et au sponsor: «La direction artistique n'était pas satisfaite», explique la chargée des relations publiques à l'IRV, Sylvia Kubli. Une troisième proposition devrait donc être soumise ces prochains jours aux deux parties concernées. S'il ne satisfaisait pas l'IRV, le retrait du sponsor ne serait pas exclu: «Il serait tard pour envisager d'élaborer un quatrième concept», remarque Sylvia Kubli.

Il semble toutefois que les autres partenariats liés au programme de base soient solides. Après le double désistement de la semaine dernière, Eva Afuhs, responsable du secteur «expositions» au sein du département de Martin Heller, a fait le tour des autres partenaires, histoire de s'assurer qu'aucun ne s'apprêtait à rejouer un tour du même acabit. A l'entendre, tous ont confirmé leur participation, y compris Novartis, dont la presse annonçait le week-end dernier le possible retrait du projet Biopolis de Neuchâtel. Survol de la situation autour des Trois-Lacs, à un mois d'une échéance importante: à fin mars, les contraintes architecturales obligeront à choisir parmi les projets encore en sursis ceux qui verront le jour.

Bienne

A en croire Eva Afuhs, c'est désormais le plus solide des arteplages. La plupart des projets sont des expositions à gros budget – entre 10 et 15 millions de francs –, assumés par des sponsors mastodontes, de Swisscom à Migros, en passant par la BNS ou le Credit Suisse. Sur les quatre projets last call, aucun n'a trouvé preneur. Eva Afuhs ne désespère pas de sauver deux d'entre eux qu'elle juge essentiels: Klangturm (3,7 millions) – pour son attractivité – et Lust und Lügen (4,2 millions), où il est question des langues – pour son contenu. La décision est toutefois moins urgente que dans d'autres cas, ces deux projets n'ayant aucune implication sur l'architecture du site.

Morat

L'abandon de Identités mobiles par son sponsor remet en question la cohérence de tout l'arteplage et l'Expo est en train de réfléchir aux moyens d'y remédier. Certains projets, comme Un ange passe des Eglises ne sont encore que partiellement financés (1 million sur 5 millions). Parmi les deux panoramas du cube pour lesquels l'USAM devait trouver des parrains parmi ses membres, tout laisse penser que seule la Bataille de Morat (1,6 million pour la restauration) trouvera preneur. Suisse version 2.1 (5 millions) pourrait être financée par l'Expo, à moins qu'un autre sponsor ne s'annonce partant.

Neuchâtel

Les deux projets last call du site, Tierbunal et Aquakultur devront vraisemblablement être abandonnés, faute d'avoir trouvé preneur. Dans ce cas, la décision est particulièrement importante: l'un des trois «galets» imaginés par Luigi Snozzi pour abriter les expositions pourrait être supprimé. A noter encore que trois expositions (5 millions chacune) – Robotics, Espace intelligent et Pinocchio – sont à ce jour entièrement financées par l'Expo.

Yverdon

Alors que cet arteplage était, en septembre encore, le plus nanti de la manifestation, les départs de Sunrise puis de SAirGroup l'ont affaibli. Mais l'intérêt de sponsors pour deux projets last call pourrait compenser ces défections: à en croire Eva Afuhs, Corps en mouvement, le projet dédié au sport, pourrait rejoindre le programme de base, compte tenu de son thème, et malgré les 1,5 million (sur 4 millions) manquant encore. Explor (9 millions), assumé pour un tiers par Kuoni, pourrait aussi trouver les moyens de voir le jour.