«Explora Park est le projet qui répond le mieux au besoin de rencontre entre la science et la société», souligne Heidi Diggelmann devant les convives d'un déjeuner de soutien. La présidente du Fonds national est entièrement acquise au projet de «premier parc éducatif en Europe sur le thème de la santé et des sciences de la vie» et elle a été la première à lui donner sa caution scientifique.

Explora Park est né dans la tête et dans le cœur de particuliers, Delia Mamon et Stanislas Brodnicki, aujourd'hui installés à Verbier après une carrière internationale dans le marketing. Après avoir réussi à gagner à leur cause nombre de scientifiques, notamment au sein de la faculté des sciences de l'Université de Lausanne, les promoteurs sont depuis à la recherche de sponsors et d'investisseurs. Le parc éducatif, dont l'emplacement pressenti est le site des anciens Ateliers Mécaniques de Vevey, a déjà fait l'objet d'une étude de faisabilité. Selon la dernière version, il prétend attirer 200 000 visiteurs par an sur 9000 m2, pour un investissement total de 62 millions de francs.

La création fin 1999 par la Confédération de la Fondation Science et Cité, destinée à rapprocher citoyens et savants, a donné des ailes aux promoteurs. Depuis lors, ceux-ci s'efforcent de rendre leur projet compatible avec les exigences fédérales. Avec l'espoir qu'il devienne, pour la Suisse romande, la Maison Science et Cité qu'il est prévu d'implanter dans chaque région linguistique et qui serait à la fois le phare et le moteur d'un réseau d'institutions culturelles à vocation scientifique. Dans ce but, l'idée d'origine de Delia Mamon et Stanislas Brodnicki, plus étroitement liée à la santé et au corps, a été étendue aux sciences de la vie, domaine dont l'économie et la recherche lémaniques veulent se faire une spécialité.

«La création d'un climat de confiance critique entre la population et la science est partie intégrante de la politique scientifique suisse», souligne le secrétaire d'Etat Charles Kleiber. La maison alémanique verra probablement le jour d'une collaboration entre le Technorama de Winterthour et le Musée national de Zurich et devrait être plus axée sur l'histoire des sciences, de la physique et de la mécanique. Quant à la tessinoise, encore très floue, elle se consacrerait surtout à l'espace, précise l'inspirateur de la Fondation Science et Cité.

La possibilité de devenir cette maison romande représente donc pour Explora Park la plus grande chance de réalisation. Mais la perspective de la manne fédérale a suscité d'autres vocations. Un projet de Parc des sciences a vu le jour à Yverdon, dont la paternité revient au cinéaste Yves Yersin et à l'architecte Dominique Montavon, domiciliés dans la région.

Le projet yverdonnois est beaucoup moins avancé qu'Explora Park. Contrairement à ce dernier, dont le programme est déjà assez concret, les éléments de son contenu sont très peu développés. Mais la Ville est intéressée et le site disponible: ce sont les terrains de l'hippodrome, où le parc succéderait aux installations éphémères d'Expo.02. Loin de l'optique spécialisée de Vevey, le parc d'Yverdon toucherait à toutes les sciences. Partant d'une base financière plus modeste, il est conçu comme évolutif. «Notre première étape s'adresserait en priorité aux enfants, aux jeunes et aux familles, explique Dominique Montavon. Cela représenterait un investissement de 20 millions de francs, pour 3200 m2 de surface bâtie.»

Ces deux projets vaudois sont les seuls que la Fondation Science et Cité prend en considération sur le plan romand. Quelques idées genevoises, comme celle d'un «futuropont» au pont Butin, ne semblent pas avoir dépassé le stade virtuel. Bien placé donc pour accueillir la maison romande, le canton de Vaud devra d'abord jouer les arbitres entre ces projets. «Dans six à huit mois, l'Etat doit pouvoir décider où il mettra son poids et son énergie», indique Philippe Sordet, chef du Service de l'économie et membre d'un groupe de travail ad hoc.