Le courrier des lecteurs est souvent un bon indicateur de l’état d’esprit de la population. En l’occurrence, la presse bernoise regorge depuis une semaine de lettres courroucées à la suite de l’annonce, le 16 mars, du salaire perçu en 2020 par la directrice générale du groupe BKW, Suzanne Thoma: 1,93 million de francs, contribution de l’employeur à la prévoyance incluse. Dans la foulée, le président du conseil d’administration a laissé entendre que, si les résultats suivaient les attentes, son dédommagement global dépasserait les 2 millions «à moyen terme».

Si ce chiffre a semé l’émoi, c’est parce que, après avoir atteint des sommets au milieu de la décennie précédente, les revenus des dirigeants des entreprises publiques avaient commencé à se tasser. Celui de Suzanne Thoma n’échappait pas à cette tendance: après avoir dépassé les 2 millions en 2018, ce qui avait déclenché une tempête politique, il a reculé à 1,76 million en 2019 avant de remonter en 2020.