A la périphérie de Genève, un grand bâtiment gris sans particularité tient compagnie aux vaisseaux design abritant Vacheron Constantin, Rolex, Patek Philippe et Piaget. Un panneau discret renseigne sur l’identité de son occupant: Jean Gallay SA. Inconnue du grand public, la compagnie ne s’occupe pas du temps qui passe mais partage la passion de ses voisins pour la mécanique de précision. Non pas horlogère, mais aéronautique. «Environ 80% de ce qui vole dans le monde contient des pièces Jean Gallay», affirme fièrement son directeur général adjoint, Nicolas Lavarini. Le domaine d’expertise de la firme genevoise la place en tête de liste des potentiels bénéficiaires des affaires compensatoires – ou offsets – l’obligation pour le constructeur d’avions de combat qui remportera l’appel d’offres lancé par Berne d’investir une partie du montant du contrat dans l’économie suisse. Encore en discussion, cette contrepartie est pour le moment fixée à 100%: 6 milliards de francs. Le Conseil national en rediscutera toutefois en décembre, avant que le peuple ne donne son avis en fin d’année prochaine. Reportage sur une chaîne de montage dans l’expectative.