Les nouveaux scanners de produits des magasins Coop, expérimentés dans le canton de Schwytz avant un déploiement dans tous les supermarchés du pays, seraient trop intrusifs. C’est ce que dénonce le Blick ce jeudi 27 mai. «Nous sommes en train d’introduire la dernière génération de scanners manuels dans tous nos supermarchés», confirme le porte-parole du distributeur Andrea Ruberti. Mais, quand le quotidien alémanique lui demande ce que la marque compte faire de ses appareils, ce dernier renvoie vers le fabricant.

Contactée, l’entreprise française Zebra indique que ses produits permettent de définir le comportement d’achat des clients. Comment? A l’aide d’une caméra et d’un microphone qui «peuvent théoriquement être utilisés pour suivre les clients dans le magasin», écrit le Blick. La porte-parole de Zebra, Valérie Berrivin, assure que la technologie permet seulement de tracer les achats, et non les consommateurs. La caméra sera «utilisée pour capturer des données sur les marchandises et les articles pendant qu’ils sont achetés.» Le microphone offre quant à lui «une assistance vocale» capable de fournir des conseils à la clientèle.

«C’est au client de dire stop»

La représentante ajoute que ce scanner est conforme au règlement général sur la protection des données (RGPD). C’est au distributeur de décider d’activer ou non les fonctionnalités de suivi. «Il n’est pas prévu de les activer pour le moment», répond le porte-parole des magasins Coop. Pas de quoi rassurer le Blick qui liste les performances de cette caméra capable d’analyser le parcours du client dans le magasin, de chronométrer ses pauses ou son passage dans un rayon, sans compter le micro qui pourrait enregistrer des conversations privées.

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Une telle collecte de données personnelles demanderait une adaptation des directives sur la protection des données. L’utilisation des scanners nécessite le consentement des utilisateurs. Or, les conditions générales n’ont pas été adaptées. Interrogé par le journal 20 Minutes, Sébastien Fanti, préposé valaisan à la protection des données, se montre particulièrement inquiet: «Il s’agit ici de surveillance en temps réel». Selon lui, la sécurité des données collectées représente le principal danger. Où seront-elles stockées? Comment éviter le piratage des appareils? «C’est au client de dire stop», affirme-t-il, avant de lancer un appel au boycott des magasins qui utilisent ces scanners.