Seul Eric Stauffer pouvait être capable de rater sa démission, tant le président d’honneur du Mouvement citoyens genevois (MCG) demeure une créature politique incontrôlée et incontrôlable. Alors que les photographes et les caméras s’apprêtaient à saisir l’instant où le député allait prendre une dernière fois la parole au Grand Conseil, il a fallu compter sur un hasard du destin (ou une énième manœuvre de l’intéressé?) pour doucher les espoirs de ses adversaires parlementaires qui s’attendaient vraisemblablement à vivre un moment jouissif, la main droite lascivement plongée dans une boîte de pop-corn.

«Bloqué»

«Bloqué à Belgrade.» Voilà la raison invoquée par Eric Stauffer pour expliquer son absence, ce jeudi soir, au Parlement où il devait officialiser sa rupture avec le parti qu’il a cofondé il y a dix ans. Mais surtout, où il devait signer sa lettre de démission du Législatif. Or, sans le précieux paraphe au bas de la missive effectivement reçue par le sautier du Grand Conseil, l’abdication du député ne peut être considérée que comme une promesse. Celles-là mêmes qui n’engagent que ceux qui y croient…

Il faudra vraisemblablement attendre la prochaine session de juin du Parlement pour retrouver Eric Stauffer. D’ici là, peut-être, aura-t-il encore changé d’avis ou décidé de fonder un nouveau parti. Qui sait?

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