genève

Eric Stauffer épinglé par la Chancellerie

Les déclarations de son dossier de «liens d’intérêts»sont jugées inexactes par la Chancellerie

Le coup est rude pour Eric Stauffer, à trois semaines de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat genevois, où le candidat du MCG brigue le siège laissé vacant par Mark Muller. Comme l’ont révélé plusieurs médias mercredi, la Chancellerie d’Etat vient de corriger les déclarations d’Eric Stauffer dans le dossier de «liens d’intérêts» que chaque candidat doit remplir avant l’élection.

Après vérification de ses déclarations, la Chancellerie les a revues sur deux points essentiels. Alors qu’Eric Stauffer avait déclaré ne pas avoir de dettes supérieures à 50 000 francs, la Chancellerie indique – sur la base de pièces fournies par l’Office des poursuites – qu’il fait l’objet de 43 actes de défaut de biens représentant 21 créanciers pour un montant total de 147 774 francs. Contacté, Eric Stauffer ne réfute pas l’existence de ces actes de défaut de biens, mais conteste son endettement: «La Chancellerie ne peut pas attester que je dois cet argent. Ces actes remontent, pour les plus anciens, à plus de vingt ans, à quatre ans pour les plus récents. Un acte de défaut de bien permet au créancier de faire à nouveau valoir sa créance si le débiteur est revenu à meilleure fortune. Or ma femme et moi gagnons aujourd’hui plus de 300 000 francs par an et payons nos impôts. Comme je ne suis pas un illustre inconnu, ces créanciers me seraient tombés dessus depuis longtemps si je devais vraiment de l’argent! Mais ils n’ont jamais repris leurs poursuites parce que, pour certaines, ces créances ont été réglées et, pour d’autres, les sociétés créancières n’existent plus. La preuve, c’est l’attestation que j’ai fournie le 11 mai à la Chancellerie: je ne fais l’objet d’aucune poursuite en force.» Et de contre-attaquer: «Ce sont de basses manœuvres politiques», «commanditées par des forces occultes», ajoute le communiqué de son parti.

«C’est du pipeau!»

Seconde correction apportée par la Chancellerie: contrairement à ce qu’avait déclaré Eric Stauffer, il est partie dans 11 procédures judiciaires en cours, six procédures pénales, quatre procédures civiles et une procédure administrative. Eric Stauffer a accepté cette correction de la Chancellerie, mais se défend d’avoir menti: «C’est du pipeau! Sur le plan pénal, je suis le plaignant dans quatre de ces six affaires! Il est vrai que je fais l’objet de deux plaintes pénales – l’une déposée par le député Roberto Broggini après une altercation à la buvette du Grand Conseil, l’autre déposée par Santésuisse parce que nous a­vions mis en cause son président sur une affiche du MCG –, mais il n’y a pas eu de mensonge: je ne savais pas que ces procédures étaient en cours. Et si j’avais la moindre chance d’être condamné, la police ne m’aurait jamais délivré de certificat de bonne vie et mœurs.» Pour Eric Stauffer, le moment est crucial: «Mon élection se joue dans les 72 heures à venir. Si je traverse cette épreuve, je gagne le 17 juin.»

Reste une question: alors qu’une seule plainte pénale avait fini par contraindre Mark Muller à démissionner, comment Eric Stauffer – qui fait l’objet de deux plaintes – peut-il briguer son poste? «Ça n’a rien à voir, se défend l’intéressé. Mark Muller a démissionné parce qu’il avait menti. Il faut comparer ce qui est comparable!»

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