Genève 

Eric Stauffer s’accroche au PBD genevois

Malgré les réticences de la direction nationale de son parti d’adoption, l’ancien leader du MCG reste candidat aux élections fédérales sur la liste «PBD – Genève d’abord»

Eric Stauffer fera bien campagne pour le Conseil national sous la bannière du PBD (Parti bourgeois démocratique). Et peu importe si la direction nationale du parti n’est pas d’accord. Après moult rebondissements, l’ancien leader du MCG a officialisé sa décision devant la presse lundi matin. Si sa liste «PBD – Genève d’abord» reste sous-apparentée au PBD genevois, son adhésion au parti, tant cantonal que national, est toutefois suspendue. Tout comme celle de son colistier Pascal Spühler.

Une brouille avec les autres petits partis du centre, un rappel à l’ordre de Berne et un président démissionnaire: l’arrivée de la nouvelle vedette dans les rangs du PBD genevois ne s’est pas faite sans conséquences. La section genevoise a-t-elle perdu les pédales? André Leitner, nouveau président par intérim nommé après le départ de Thierry Vidonne, est convaincu d’avoir fait le bon choix. «Maintenir l’alliance avec Eric Stauffer est une décision cohérente au vu du programme politique commun que nous entendons défendre», souligne-t-il, glissant au passage que son parti, qui n’a récolté que 0,52% des voix aux dernières élections cantonales, n’a jamais connu d’intérêt médiatique aussi grand.

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Légalement, les listes déposées ne pouvaient pas être renommées; le sous-apparentement, en revanche, aurait pu être supprimé. De fait, Thierry Vidonne, qui avait annoncé son retrait la semaine dernière, reste lui aussi candidat aux Etats aux côtés d’André Leitner. Que contient le programme politique de cette nouvelle alliance? André Leitner évoque, pêle-mêle, les primes d’assurance maladie, la mobilité, la fiscalité, l’écologie ou encore la souveraineté de la Suisse vis-à-vis de l’Europe. «Autant de sujets sur lesquels nous voulons défendre les intérêts de Genève à Berne», affirme-t-il.

Ceux qui me critiquent le plus sont ceux qui me connaissent le moins

Eric Stauffer

Berne fait la grimace

A Berne, la stratégie genevoise n’est pas appréciée. «L’adhésion d’Eric Stauffer ne paraît pas envisageable dans la mesure où il ne partage pas les valeurs du parti», estime Lorenz Hess, conseiller national PBD, réitérant ainsi la position de la direction, qui avait déjà pris ses distances la semaine dernière. «Il ne s’agit pas seulement de son positionnement politique actuel mais aussi de sa réputation et de son passé», ajoute-t-il. Lorenz Hess souligne toutefois que les sections cantonales gardent leur indépendance et sont libres de leur choix. Si Eric Stauffer venait à être élu, le PBD pourrait-il faire opposition? «Cela donnerait lieu à une discussion au sein du groupe, commente le député, mais on est très loin de ce scénario.»

«La suite, on verra»

L’accueil glacial que lui réserve Berne ne suffit pas à décourager Eric Stauffer. «Ceux qui me critiquent le plus sont ceux qui me connaissent le moins», clame-t-il, saluant au passage le courage de la section genevoise qui a tenu parole. «La population genevoise a besoin de vrais changements», souligne encore l’ancien tribun du MCG, qui se dit prêt à faire ses preuves aux côtés de son nouvel allié. A terme, ses ambitions n’ont toutefois pas changé: il veut reprendre les rênes de son ancien parti, qui «n’est plus que l’ombre de lui-même». Le PBD genevois n’a-t-il pas l’impression de servir de marchepied vers le pouvoir? «Ce qui nous importe, c’est le moment présent, la suite, on verra», philosophe André Leitner.

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