Les visages d’Eric Stauffer et de son colistier Ronald Zacharias sont partout à Genève. Sur les trams et les bus, dans les journaux locaux, sur les écrans. C’est que Genève en marche (GeM), le parti fondé à l’automne dernier par l’ancien chef du MCG, dispose de moyens importants pour promouvoir ses candidats au Conseil d’Etat. Et c’est bien ce qui inquiète plusieurs de ses adversaires.

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Ensemble à gauche (EàG) a tenu une conférence de presse pour donner des détails sur les activités de Carlos Sanchez, riche brésilien actif dans le domaine de la pharma à propos duquel Le Matin dimanche a révélé qu’il faisait partie des donateurs de GeM. En une journée de recherches, Pablo Cruchon, candidat au Grand Conseil, a glané, dans la presse internationale, une collection d’indices qui lui font dire que le Brésilien est «un personnage pour le moins douteux». En vrac: il est nommé dans les Panama Papers, enquêtes journalistiques basées sur la fuite de documents d’un cabinet d’avocats dans ce paradis fiscal, dénoncé dans un scandale de corruption d’un ex-ministre au Brésil, soupçonné de malfaçon dans la fabrication de médicaments, etc.

Ces critiques, Eric Stauffer les balaie: «Des affaires, on en trouve chez tous les entrepreneurs. Carlos Sanchez est une personne respectable et respectée.» Le candidat au Conseil d’Etat est par contre acquis aux principes de transparence. Au point qu’il dit vouloir publier la liste de ses 35 donateurs. Le spectacle aura lieu lundi soir, sur la télévision romande. Eric Stauffer promet de citer deux milliardaires, dont Carlos Sanchez: «Aucun n’a d’intérêts en Suisse. Je ne leur suis donc redevable en rien.»

Plafonner les dépenses électorales

GeM annonce 800 000 francs investis dans les élections. Le montant et l’origine des fonds inquiètent les élus d’EàG au point qu’ils déposeront, le 10 avril, un projet de loi visant à fixer un plafond à 500 000 francs pour les dépenses électorales. Autre mesure: interdire les dons de personnes résidant hors du canton de Genève. Enfin, alors que les dispositions légales ne contraignent les partis à déposer leurs budgets qu’après les élections, EàG propose que la transparence soit faite avant que les électeurs ne se prononcent.

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Avec ces mesures, Jocelyne Haller, candidate EàG au Conseil d’Etat, espère enrayer une «dynamique plus qu’alarmante» faite de «surenchère de moyens». Les partis qui s’y adonnent seraient en train d’«acheter des places au Grand Conseil». «L’inégalité de moyens entre les partis est un réel problème démocratique», conclut-elle. Le projet de loi représenterait «une atteinte aux droits civiques», répond Eric Stauffer.