«Je sors la tête haute et je suis serein»

Le Temps: Après dix ans de progression, le MCG est stoppé net. Comment l’expliquer?

Eric Stauffer: C’est faux. Le MCG a terminé son premier cycle de maturité, il s’est stabilisé ou a légèrement progressé au niveau cantonal. Quand on est le premier parti dans les communes suburbaines, on ne peut pas croître indéfiniment. Maintenant, on entame le deuxième cycle, celui de la stabilisation et de la consolidation.

– Dans les exécutifs, le MCG essuie une cuisante défaite, non?

– Non, car le MCG a été victime de la mathématique électorale. Dans le canton du Tessin, qui connaît le système proportionnel, j’aurais été, avec mon score, réélu, puisque en tant qu’individu je suis celui qui fait le plus de voix. Mais comme le système permet des alliances contre-nature et que nous ne mangeons pas de ce pain-là, le MCG est prétérité.

– Mais le système était le même il y a quatre ans et il ne vous a pas empêché de gagner!

– Non, la nouvelle Constitution, avec ses deux tours, a modifié le comportement des électeurs. On ne peut pas tirer de certitudes.

– Pour vous-même au moins, reconnaissez-vous une déroute personnelle?

– Pas du tout! Je le répète: ce n’est pas un échec, puisque je cumule au niveau individuel davantage de voix que les autres. Mais je reconnais avoir très peu de chances au second tour. Car le PLR a annoncé une alliance avec les socialistes et les Verts, baptisée le Front républicain, une manière de se montrer tous unis contre le MCG!

– Etes-vous amer?

– Non, je sors la tête haute et suis serein, car je sais que mon bilan est bon. Mais je ressens une déception quant au mode électoral. Car comment aller expliquer aux gens que le MCG est le deuxième parti à Onex et que, malgré cela, il n’a pas de magistrat? Les gens ne comprennent pas, et je sais que demain, je recevrai quantité de messages qui diront ceci: «comment, vous avez 25% des suffrages et vous n’êtes pas élu!» Eh non!

– Ce qui confirme qu’une partie de votre problème réside dans le fait que vous ne parvenez pas à faire des alliances avec d’autres partis?

– On est ouvert à la discussion, mais c’est difficile. Parce qu’on ne veut pas brader nos valeurs, comme d’autres. Le PLR François Mumenthaler à Onex par exemple. Quelle valeur libérale va-t-il bien pouvoir défendre avec une majorité de gauche? Tellement obnubilé par le pouvoir à n’importe quel prix, le PLR va devenir le laquais de la gauche, la «Putzfrau» libérale au sein de l’exécutif! Quant au Conseil municipal, où le MCG a légèrement progressé, vous imaginez les blocages qu’il va y avoir!

– Regrettez-vous votre fameux slogan «zéro frontalier», où vous auriez franchi la ligne rouge?

– Absolument pas. La ligne du MCG, c’est de défendre les résidents, quelle que soit leur nationalité. Je ne regrette pas la méthode utilisée pour le faire comprendre. Moi vivant, cette ligne restera telle quelle.