Lorsque l'on interroge des péquins ou managers étrangers sur l'image qu'ils se font de la Suisse, les Alpes, le fromage, le chocolat et la fondue s'imposent comme des évidences. Heureuse surprise néanmoins, deux études menées en 2001 en France et en Espagne par Présence Suisse révèlent que pour les citoyens ordinaires, les étudiants et les leaders d'opinion, la Suisse est synonyme d'excellence en matière de stabilité politique, de recherche scientifique et de respect de l'environnement.

Présence Suisse est rattachée au Département fédéral des affaires étrangères. Son objectif principal est de centraliser et de renforcer les efforts visant à affirmer la présence de la Suisse à l'étranger. Elle se livre également à des enquêtes visant à cerner l'image de la Suisse dans les autres pays. Le résultat de ces sondages pour la France et l'Espagne était présenté jeudi à Berne. La méthodologie est identique pour tous les pays: on interroge un échantillon représentatif des trois groupes démographiques choisis.

Images d'Epinal

En Espagne, l'image de la Suisse est qualifiée de bonne. Exception notable et générale: les journalistes, qui se montrent très critiques envers l'isolationnisme de la Suisse et le maintien de son secret bancaire. Les personnes âgées et les femmes ibériques, en revanche, voient notre pays comme un paradis où les géraniums flamboient sous les neiges éternelles. Paradoxalement, les Espagnols considèrent négativement l'influence des citoyens sur les décisions politiques; ils sont également très critiques envers le faible niveau de collaboration internationale de la Confédération. Les principaux bouleversements politico-économiques d'une Helvétie jugée bien trop discrète ont peu d'écho: moins d'un quart de la population espagnole se souvient de l'adhésion de la Suisse à l'ONU.

Les voisins français sont plus enthousiastes que les Espagnols à l'égard de la Suisse: au hit-parade des démocraties modèles, la Suisse arrive deuxième, juste derrière le Canada. Si le Français moyen se contente des traditionnelles images d'Epinal, les leaders d'opinion critiquent vertement pour leur part le secret bancaire et l'isolement renforcé par notre statut de neutralité. Les Français ont en revanche une connaissance bien supérieure aux Espagnols pour ce qui a trait aux événements marquants de la politique suisse. Une étude similaire est en cours en Allemagne et au Japon; les résultats seront publiés à la fin de l'année.