Lorsque deux tiers des maires et des exécutifs communaux optent pour une large autonomie, ce n'est pas encore un plébiscite, mais ça en prend le chemin. Lorsque 80% des édiles locaux clament leur insatisfaction face au statu quo, il est indispensable d'opter pour le changement. Pas seulement en surface, mais en profondeur, à la hauteur des espoirs exprimés par la large majorité des plus proches représentants du peuple.

Aujourd'hui, le Jura bernois ne se contente pas de pleurnicher, il dit ce qu'il veut. Deux tiers des élus communaux exigent une autonomie qui leur permette d'élire un parlement régional, un gouvernement, et de disposer d'une quote-part des impôts cantonaux. C'est la démonstration que le Jura bernois veut se prendre en main, régler ses affaires et coopérer, d'égal à égal, avec ses voisins de Bienne et du canton du Jura, sans devoir demander la permission à Berne. Mais la région restera fidèle au canton.

Si le Conseil régional et le gouvernement cantonal ne comprennent pas cette aspiration, ils y laisseront leur crédibilité et susciteront une immense frustration. Les Jurassiens bernois pourraient alors aller chercher leur salut ailleurs. Berne peut s'en prémunir, en accédant aux revendications de la majorité des élus locaux. Les autonomistes sont prêts à s'en satisfaire, pour un temps au moins. La paix que tout le monde réclame a son cadre: c'est l'autonomie définie par le groupe Avenir, qui obtient au travers de la consultation des communes, une reconnaissance dont il ne soupçonnait pas l'ampleur.