Lutte suisse

Estavayer2016, une première journée de tous les superlatifs

Après la cérémonie d’ouverture vendredi, les choses sérieuses ont commencé samedi avec l’entrée en scène des lutteurs. Les Romands ont très bien résisté

Carton plein pour Estavayer2016. Après la cérémonie d'ouverture vendredi, la première journée de lutte est aussi un succès. Le chaos sur les routes d'accès n'a pas été tel que prévu. Selon le décompte effectué samedi à 17h., 85'000 visiteurs étaient présents sur l'ensemble du site pour la journée de samedi. Vendredi, 60'000 personnes ont assisté à la cérémonie d'ouverture.

Des arènes pleines, un site qui grouille de monde, une logistique bien huilée et des athlètes au rendez-vous: les organisateurs ne pouvaient espérer mieux. Tout ça sous un soleil de plomb. Parmi les lutteurs romands, deux Fribourgeois se retrouvent parmi les mieux placés, le Singinois Steven Moser et le Broyard Marc Guisolan, le régional de l'étape. A la grande satisfaction de son club d’Estavayer-le-Lac, à l’origine de la candidature broyarde pour l’organisation de cette édition de la Fête fédérale de lutte suisse et des jeux alpestres. «Avec trois victoires et une défaite, je suis dans le haut du panier», commente le lutteur. La couronne est proche, mais le plus dur reste à faire, ce dimanche». Et que dit un sportif dans cette situation: «Je ne vais pas me mettre la pression».

En images:Du chantier à l'arène: une journée avec Marc Guisolan 

Marc Guisolan a quitté le site en fin de journée. Il a repris son vélo pour rentrer chez lui et se reposer avant cette dernière journée décisive. Et on peut déjà imaginer l'enthousiasme du public lorsque le lutteur broyard fera son retour dans l'arène dimanche matin. «Ce samedi déjà, en entrant dans l'arène, j'ai failli pleurer. L'ambiance, les applaudissements, le soutien de mon club. C'est magnifique».

Et ce n'est pas Bob Blanchette qui dira le contraire. Rédacteur romand du Journal des lutteurs, il parle d'une magnifique journée pour les Romands. «Steven Moser s'est blessé récemment. Et on le retrouve parmi les meilleurs!». L'Américain d'origine l'avoue: «Les Romands ont fait beaucoup mieux que prévu».   

Mais il n'y a pas que l'aspect sportif qui fera ou non le succès de cette édition. Les cantines tournent à plein régime, ce samedi. Et les quelques emplacements ombragés sont pris d'assaut. Pas de quoi ramollir les spectateurs. Vice-président du comité d'organisation, Gaby Yerly parle déjà d’un «grand moment», d’une édition à «marquer d’une pierre blanche». Il y a la météo, évidemment, mais aussi le site. L’aérodrome de Payerne s’apprête à accueillir 250 000 visiteurs. Tel était en tout cas l’objectif. Mais tout porte à croire qu’il sera dépassé. «Vendredi soir déjà, à la soirée d’ouverture, il y avait plus de monde qu’il y a trois ans à Berthoud», constate un habitué. Le camping, prévu à l'origine pour 20'000 personnes, a dû augmenter ses capacités. Et l’arène, pouvant contenir 55 000 spectateurs, est pleine. Le site s’étend sur 90 hectares, ce qui permet à tous les visiteurs de se déplacer aisément.

«De belles traditions»

«J’ai un immense plaisir, avoue la conseillère d’Etat vaudoise Béatrice Métraux. Il s’agit d’une véritable fête nationale, d’une fête de la terre et de cette ruralité que j’aime. Mon coeur vibre car ce sont de belles traditions. A l’heure où l’Occident s’interroge sur ses racines, nous avons ici l’occasion de nous replonger dans l'histoire. Et ici, il n’y a pas d’enjeu politique. Il s’agit d’une fête qui réunit tout le monde. J’y serais venue même sans être conseillère d’Etat».

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Même émotion chez la conseillère nationale Christine Bulliard-Marbach, marraine du taureau baptisé Mazot qui sera offert dimanche au nouveau roi de la lutte. «C’est un grand moment et une grande chance pour moi d’être la marraine de Mazot». L’élue fribourgeoise a une pensée pour son père, décédé lorsqu’elle était enfant. «Il était éleveur et petite, c’était toujours à l’écurie qu’on me trouvait». Samedi matin, Christine Bulliard-Marbach a fait le tour de l’arène avec Mazot et ses plus de 1000 kilos. Elle le connaît bien, ce taureau, pour avoir régulièrement suivi sa croissance depuis sa naissance en 2013. «En m’impliquant, j’ai aussi appris à connaître le monde de la lutte. Le succès de cette fête est la preuve de la vivacité de nos traditions suisses. Je réalise à quel point je suis Suisse et j’en suis très fière», conclut-elle.

Le Roi de la lutte sera connu dimanche, en fin de journée. D’ici là, la fête continue. Sous le soleil exactement.

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