«Chez vous, vraiment?» Au téléphone, Esther Keller s’amuse de cette incrédulité, rétorque qu’après une matinée passée à donner des interviews dans le froid cinglant de la grisaille bâloise, elle préfère troquer la balade contre une invitation à la maison. Cet été déjà, la jeune vert’libérale recevait les médias dans son jardin pour lancer sa campagne électorale, marquant sa volonté d’afficher un profil progressiste, proche des gens et non conventionnel. «Je souhaite me montrer accessible, maintenant, mais aussi si je suis élue», glissait alors la Bâloise au quotidien bz Basel. Dans la foulée de son élection, la future conseillère d’Etat de 36 ans tient donc parole et nous donne rendez-vous au numéro 43.

Dans cette maison familiale achetée avec deux amies, Esther Keller vit en colocation, un mode de vie «magnifique» auquel la Bâloise ne compte pas renoncer malgré son accession à l’exécutif. A s’asseoir autour de l’imposante table en bois massif de la salle à manger, on imagine sans peine les débats passionnés qui font vibrer jusque tard dans la nuit les deux enseignantes, la médecin urgentiste et la désormais conseillère d’Etat réunies. «C’est un choix assumé, et qui m’enrichit beaucoup. J’espère jouer un rôle de modèle en étant transparente sur ma façon de vivre.»