Pour la première fois depuis des années, le budget retrouve les chiffres rouges, s’est désolé Philipp Stähelin (PDC/TG) au nom de la commission. Le trou dépassera certainement les 2,5 milliards de francs. Dans le meilleur des cas, si l’économie repart plus vite que prévu, il frôlera tout de même les 2 milliards, d’après lui.

Les recettes reculent en raison de la crise. Elles devraient atteindre 58,2 milliards. Les dépenses progressent pour approcher 60,9 milliards. Nous ne pouvons pas continuer comme ça, a averti le ministre des finances Hans-Rudolf Merz. Dès 2011, il faudra procéder à des assainissements drastiques.

Politique critiquée

Anita Fetz (PS/BS) a fustigé cette politique financière «erronée». «Dès que la place financière a tiré ses marrons du feu, on reprend les vieilles habitudes». On prévoit de tailler à la hache dans la formation ou les infrastructures, tandis que les citoyens paient le prix fort de la crise avec des pics de chômage et des découverts dans leur caisse de pension.

La politique financière devrait être au service de la société et non l’inverse. En comparaison internationale, la Suisse se porte bien; elle devrait donc se montrer plus volontariste en matière d’investissements, selon Claude Hêche.

Pour Rolf Schweiger (PLR/ZG), en revanche, la situation en matière d’endettement doit justement pousser la Suisse à rester vigilante et à ne pas s’inspirer des autres pays. Quelque 120 milliards de dette, ce n’est pas rien, a renchéri Philipp Stähelin.

Quelques largesses

Malgré ses grands principes, la Chambre des cantons a dérogé à la rigueur lorsqu’il s’est agit de réduire de 9,3 millions le crédit pour la conservation des monuments historiques. Par 20 voix contre 11, elle a maintenu l’enveloppe à 30 millions.

Autre correction par rapport au gouvernement, la majorité de droite a taillé 1% ou 40 millions dans une enveloppe dévolue aux employés de l’Etat. Il ne s’agit pas de rogner les salaires, mais d’empêcher une croissance des effectifs, a assuré Hannes Germann (UDC/SH). La gauche s’est opposée en vain à cette économie.

Pour le reste, les sénateurs sont restés fidèles à la mouture du Conseil fédéral. Ainsi, les fédérations sportives n’obtiendront pas un million de plus pour la lutte contre le dopage. «Les salaires des fonctionnaires du sport et de certains athlètes n’incitent pas à attribuer davantage de deniers fédéraux», a dit Dick Marty (PLR/TI).

Chauffage compris

Par 19 voix contre 17, le conseil a refusé également d’octroyer 25 millions pour la promotion de la chaleur à distance. Un crédit de ce type a été versé dans le cadre des mesures de relance, mais, pour la majorité, il n’est pas question d’ouvrir les vannes chaque année.

Le Conseil national se prononce dès lundi prochain. Il examinera aussi le deuxième supplément au budget 2009, qui prévoit une rallonge de 450 millions. Le Conseil des Etats l’a adopté par 36 voix sans opposition, malgré la nouvelle rallonge de 18 millions censée détendre la situation sur le marché du lait.