Aux grands maux, les grands moyens. Après Paris, c’est au tour de Genève de tenir ses Etats généraux de la nuit du 1er au 5 mars prochain. L’objectif est de susciter un débat entre tous les acteurs de la vie nocturne genevoise alors que le manque de lieux alternatifs est toujours flagrant.

Il y a eu une progression considérable du nombre de lieux de nuit (354 recensés), mais il manque des lieux bon marché qui ne sélectionnent pas la clientèle en fonction d’un code vestimentaire ou d’une attitude, a relevé jeudi devant la presse Patrice Mugny, conseiller administratif responsable de la culture. Ce constat ressort du deuxième volet d’une étude sur la vie nocturne genevoise.

La première partie, révélée en octobre dernier, mettait déjà en exergue cette inadéquation entre l’offre et la demande. Les 407 sondages réalisés cet hiver dans différents endroits de sortie, tous types confondus, confirment ces premiers résultats. Plus de 80% des noctambules se disent en effet convaincus qu’il manque des lieux nocturnes.

Pour prolonger les réflexions de cette étude menée sur huit mois, la Ville de Genève a mis sur pied des Etats généraux de la nuit, à l’instar de ceux qu’avait organisés la Mairie de Paris en octobre dernier. Pendant cinq soirées, des débats et des conférences permettront aux protagonistes de la nuit de confronter leurs expériences avec l’éclairage de ce qui se passe dans d’autres villes.

Cette démarche a été bien accueillie par les responsables d’établissements, a relevé Marie-Avril Berthet, l’une des auteurs de l’étude, chargée également de l’organisation de ces états généraux. Elle regrette toutefois que trois des grandes boîtes de nuit de la place aient refusé de venir débattre.

Danser dans une citerne

Depuis les «nuits turbulentes» de l’automne dernier où les noctambules avaient envahi les rues de Genève pour dénoncer le manque de lieux festifs, des projets ont avancé, a annoncé M. Mugny. Et de citer en particulier les réservoirs du bois de la Bâtie. Un crédit d’étude a été accordé pour l’aménagement de ces anciennes citernes en salles de spectacle.

Des réflexions sont aussi en cours pour utiliser les coursives du stade de la Praille afin d’organiser des soirées, explique M. Mugny. En comptant avec l’aménagement de bâtiments à la rue des Saules, l’offre genevoise sera fort différente dans quelques années, estime le magistrat Vert.