Le Conseil des Etats a refusé tacitement ce matin une motion de la commission santé du National de mieux cadrer les prescriptions de Ritaline, un psychostimulant utilisé pour le traitement du déficit de l’attention (TDAH). La question a été réglée en à peine cinq minutes. La présidente de la commission santé des Etats, Liliane Maury-Pasquier (PS/GE), a souligné que la proposition, acceptée par le National en juin 2013, n’avait plus lieu d’être: en novembre dernier, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a produit un rapport qui souligne que le médicament n’est pas prescrit abusivement.

Partageant l’avis du Conseil fédéral, la chambre haute considère donc qu’il est inutile de légiférer. Liliane Maury-Pasquier a souligné que l’augmentation du nombre de prescriptions était liée à une meilleure acceptation sociale du médicament et que depuis quelques années des adultes étaient également traités avec de la Ritaline et d’autres médicaments à base de méthylphénidate. «La consommation va se stabiliser pour les jeunes et les adolescents et elle va encore augmenter pour les adultes», précise la Genevoise.

Monitorage des prescriptions

Le refus de la motion ne signifie pas que la Confédération snobe la question sensible des psychostimulants. «Nous gardons les yeux grands ouverts, précise Liliane Maury-Pasquier. L’OFSP a mis en place un monitorage des prescriptions et un groupe de travail qualité. Ces mesures permettent de limiter au mieux les abus.»

Le ministre de la Santé Alain Berset a profité de l’occasion pour évoquer un récent rapport du Comité sur les droits de l’enfant de l’ONU. Dans sa conclusion, il épinglait le trop grand nombre de diagnostics de TADH en Suisse chez les enfants et les trop nombreuses prescriptions de méthylphénidate (LT 03.03.2015). «Les experts de l’ONU n’ont pas pris en compte des points du rapport de l’OFSP, a regretté le socialiste. Nous n’avons pas connaissance d’exclusion scolaire, comme l’avance le comité.»