«Eteindre le feu d’artifice»

La semaine où le Cirque Knie annonce vouloir renoncer à ses éléphants, Philippe Cohen, lui, choisit d’éteindre le grand feu d’artifice, au risque de se faire beaucoup d’ennemis. «Je pense qu’on peut se passer de cette pollution urbaine bruyante, qui traumatise les abeilles et les canards», lance l’auteur, metteur en scène et comédien genevois. Et par quoi remplacer la poudre et les manèges, car on se doute qu’il n’est pas non plus un fan de carrousels? Par le monde du cirque sur la terre ferme et le spectacle aquatique sur les flots.

«Je vois une fête foraine renouvelée, ponctuée par des activités proposées par des cirques, suisses ou européens. Sous forme de spectacles, de représentations, mais aussi d’activités pédagogiques et ludiques.» Sans pour autant se passer de lieux festifs et de stands sur les quais. Mais ceux-ci seraient

contrôlés, selon une charte éthique sur les prix, comme au niveau du volume de sonorisation.

Et quand le feu est éteint, le lac s’allume, enchaîne Philippe Cohen: «On pourrait imaginer des éclairages au fond de l’eau, des spectacles aquatiques, de la natation synchronisée et des plongeons. Sous réserve de la faisabilité technique à étudier, évidemment. Il faudrait alors laisser le pont du Mont-Blanc au public.» En résumé, trois moins pour deux plus, selon Philippe Cohen: moins de bruit, de violence et de pollution, plus de créativité et de variété.