Délinquance

Etrangers criminels: une votation le 27 novembre déjà?

Les partis gouvernementaux, l’

Ils le disent presque en choeur: «Le plus tôt sera le mieux!». Si Yvan Perrin, le vice-président de l’UDC, souligne le sourire en coin qu’une votation en juin 2011 «serait bien sûr l’idéal», les autres partis gouvernementaux sont d’un avis contraire. L’initiative de l’UDC «pour le renvoi des étrangers criminels», et le contre-projet direct qui lui est opposé, doivent être soumis en votation populaire le plus vite possible, estiment-ils. Pour éviter au parti d’en profiter à quelques mois des élections fédérales agendées en automne 2011.

Première date qui entre en ligne de compte: le 27 novembre. Le Conseil fédéral pourrait bientôt se prononcer en faveur de cette date. La campagne s’annonce très émotionnelle. «J’entends déjà les propos enflammés de l’UDC d’un côté et, de l’autre, les partisans du contre-projet devant ramener un peu de sérénité dans le débat!», souligne Hugues Hiltpold (PLR/GE). Il ajoute: «A la fin, les initiants auront de toute façon gagné. Car même si le contre-projet est préféré à l’initiative, celui-ci aura été initié par l’initiative… Et je n’imagine pas une seule seconde un refus des deux textes! D’où la nécessité que cette votation ait lieu le plus loin possible des élections fédérales pour faire le moins de publicité possible aux initiants».

Le sort du contre-projet direct concocté par le PLR et le PDC, sorte de «version light» de l’initiative avec des garanties juridiques en plus, a été scellé jeudi. Le Conseil des Etats l’a accepté par 35 voix contre 6 et 4 abstentions. Au National, où le PS était en mesure de renverser la vapeur, il l’a été par 93 voix contre 88 et 6 abstentions. La majorité des socialistes, mal à l’aise, ont donc voté à contrecœur en faveur du contre-projet que la plupart rejettent de fait en raison des durcissements qu’il implique. Ils l’ont fait pour des raisons stratégiques: ils craignent que sans contre-projet, l’initiative fasse fureur dans les urnes.

Une position que les Verts ne se gênent pas de critiquer. Mais ils se trouvaient dans une situation bien plus confortable: leurs voix n’étaient pas en mesure de faire basculer le vote dans un sens ou dans l’autre… Ils ont donc pu voter avec leur cœur. La date de la votation? Antonio Hodgers balaie la question d’un revers de main. «Les Verts ne craignent pas d’affronter l’UDC sur les thématiques migratoires à quelques mois des élections», commente-t-il.

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