A l'exemple de Vaud, Neuchâtel et Jura, Fribourg accorde le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers. Ainsi en a décidé le Grand Conseil, qui se penchait hier sur la seconde lecture du projet de loi. Dès l'an prochain, les étrangers âgés de 18 ans révolus pourront participer aux scrutins communaux, pour autant qu'ils soient domiciliés depuis cinq ans dans le canton et qu'ils possèdent une autorisation d'établissement (permis C).

Prévu par la nouvelle Constitution cantonale, cet octroi de droits politiques aux étrangers n'était plus guère contesté au sein du parlement. En revanche, il subsistait une opposition sur l'opportunité de demander aux étrangers désirant voter d'en faire eux-mêmes la demande, en s'inscrivant au préalable sur un registre électoral. Le Conseil d'Etat y était favorable, mais, en première lecture, le projet avait été biffé. Hier, après une belle joute oratoire, c'est finalement le député Albert Bachmann (PRD) qui a mis tout le monde d'accord. Par un amendement, il offrait d'ouvrir la citoyenneté à tous les étrangers, l'Etat étant chargé de fournir régulièrement aux communes une liste de ceux qui remplissent les critères pour voter. Par ailleurs, les étrangers devront prouver qu'ils sont des «citoyens actifs», en cas de doute sur cette qualité. Cette proposition a été largement acceptée et, du coup, la loi également.