Elire des étrangers au Conseil d'Etat? L'idée a ses partisans, surtout dans les rangs de la gauche. Ce qui est sûr pour les Verts et le PS, c'est que la refonte de la charte fondamentale du canton doit permettre d'étoffer les droits politiques des étrangers.

C'est la conviction de Jérôme Savary, en lice sur la liste écologiste, qui avait déjà milité dans le cadre de l'initiative «J'y vis, j'y vote», acceptée par le peuple en 2005. Elle avait permis d'accorder le droit de vote au niveau communal aux étrangers installés dans le canton depuis plus de huit ans. «Il faut désormais franchir un pas de plus, estime le candidat. Le minimum serait maintenant d'accorder à ces nouveaux électeurs le droit d'éligibilité au niveau communal.» Mais la véritable ambition de Jérôme Savary est de présenter dans quatre ans aux Genevois un projet de Constitution qui prévoit également le droit de vote et d'éligibilité des étrangers au niveau cantonal. «Il n'y a aucune raison d'en rester au statu quo. On constate depuis 2005 que l'expérience est réussie, leur participation n'a posé aucun problème, elle ne fait qu'enrichir la vie démocratique.»

L'important, c'est de «montrer que la citoyenneté n'est pas qu'une question de nationalité, mais aussi de vie et d'implication dans son quartier. On pourrait d'ailleurs imaginer d'octroyer ces droits plus tôt, dès cinq ans de résidence, par exemple» poursuit-il. Il ne s'agit pas pour autant de dévaloriser la naturalisation, «ce sont des processus complémentaires», assure Jérôme Savary. Qui se dit confiant: dans quatre ans, l'opinion réticente en 2005 sera mûre pour une extension des droits politiques des étrangers.

Rien n'est moins sûr, clament ses détracteurs, qui mettent en exergue le danger de voir l'ensemble du projet de Constitution rejeté par le peuple, à cause de dispositions jugées «jusqu'au- boutistes» et imprudentes. Et qui ne voient pas pourquoi Genève ferait office de pionnier en accordant le droit d'éligibilité au niveau cantonal.