En s'en prenant en plein été aux petites terrasses sauvages qui, ici ou là, dressent quelques tables sur les rives des lacs, la police vaudoise du commerce fait preuve d'un rigorisme complètement archaïque. A juste titre, la commune de Vevey refuse d'obtempérer: elle ne veut pas tirer au canon sur des moineaux.

Il est évident que les buvettes où l'on sert saucisses et frites ne sont pas une vraie concurrence pour les restaurants établis. Tout au plus ceux-ci pourraient-ils s'inspirer de la convivialité qui règne chez celles-là. Dans la mesure où ils sont maintenus dans des limites précises, ces kiosques où l'on peut s'asseoir rendent les quais vivants. Et ils jouent un rôle social certain, comme on peut rapidement le remarquer en y faisant halte.

Vaud a grand besoin d'une nouvelle loi sur les auberges, pour ouvrir la profession, assouplir une législation trop contraignante et surtout tenir compte des goûts des consommateurs, qui montrent leur appétit de changement en se précipitant joyeusement vers toutes les nouvelles formes d'accueil et de restauration.

D'autres cantons ont déjà fait ce pas. Certains, en Suisse alémanique, n'ont pas hésité à libéraliser à l'extrême l'exploitation des petits établissements.

En s'alignant sur les positions conservatrices et défensives du cartel des cafetiers et restaurateurs, alors même qu'un projet de loi est en pleine gestation, l'autorité cantonale nage à contre-courant.

Y. R.