Rien ne sert d'avoir le plus beau Centre des congrès d'Europe s'il est mal desservi par les transports publics. Fort de ce constat et conscient de l'importance des voies de communication pour le développement de la Suisse centrale, le Conseil d'Etat lucernois a commandé une étude de faisabilité pour une variante de Swissmetro Berne – Lucerne – Zurich. Jusqu'ici, c'est surtout la ligne directe Berne-Zurich qui avait retenu l'attention.

Cette étude de 500 000 francs, réalisée par quatre bureaux d'ingénieurs lucernois et financée pour sa grande majorité par des fonds privés, démontre que le tronçon Berne-Lucerne-Zurich n'a que quelques kilomètres de plus que la variante directe Berne-Zurich. Il a en outre le double avantage d'être plus facilement réalisable et meilleur marché que le trajet direct parce que moins compliqué sur le plan géologique: plus au nord, entre quarante et 100 mètres de profondeur, la ligne traverse bon nombre de nappes phréatiques. Selon l'étude, on économiserait ainsi 200 millions de francs.

La halte lucernoise de Swissmetro ne se situerait pas directement sous la gare CFF, mais 500 mètres plus loin et de l'autre côté du lac, car là aussi le profil géologique est plus avantageux. Les ingénieurs envisagent de lier les deux gares par un métro subaquatique qui pourrait se prolonger à des parkings de la périphérie pour permettre aux pendulaires de profiter de Swissmetro. Les Lucernois envisagent même de construire un atelier de réparation, afin de créer des emplois dans la région.

Selon le projet lucernois, la capitale de Suisse centrale serait le point de jonction des lignes Genève – Saint-Gall et Bâle – Bellinzone. Ce scénario retient aussi l'attention de Marcel Jufer, professeur en électromécanique à l'Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL) et responsable de la coordination des aspects technologiques de Swissmetro. Le professeur de l'EPFL estime en effet que le croisement de Lucerne est plus avantageux en terme de coût que Zurich.

Dans sa demande de concession, Swissmetro a proposé au Département fédéral des transports trois projets pilotes, soit Zurich-Bâle, Genève-Lausanne et Zurich-Lucerne, tout en préférant le second qui dispose déjà de l'appui des deux cantons romands. Zurich n'ayant pas montré beaucoup d'empressement (priorité au S-Bahn), l'intérêt des Lucernois ne peut que réjouir les concepteurs du métro ultra-rapide.