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Le 5 décembre, les élèves et professeurs de la HEM manifestent au château de Neuchâtel.
© Christophe Golay

Formation 

Etudiants étrangers: les écoles de musique sont victimes de leur succès

Les élèves étrangers sont nombreux à intégrer les formations musicales en Suisse. Trop? C’est en tout cas avec l’argument de leur coût que Neuchâtel veut fermer sa haute école à l’horizon 2021

Des étudiants suisses sous-représentés dans les hautes écoles de musique. L’argument a été repris par Monika Maire-Hefti, conseillère d’Etat, pour justifier la fermeture du site neuchâtelois de la Haute Ecole de musique de Genève (HEM), agendée en 2021. «Parmi les 100 étudiants, 80 sont étrangers, 18 confédérés, et seulement deux neuchâtelois», a-t-elle répété.

Les musiciens suisses s’avèrent en effet moins coûteux, puisque leur canton d’origine les finance à hauteur de 25 000 francs. Un avantage dont ne profitent pas leurs camarades étrangers. Chaque année, le canton de Neuchâtel dépense 2,2 millions pour la HEM, «dont 400 000 francs en indemnités pour les étudiants étrangers», détaille la cheffe du Département de l’éducation et de la famille.

Attractivité du canton

Certes les étudiants étrangers coûtent cher, mais ils participent à l’attractivité du canton, soutiennent les défenseurs de la HEM. «Nombre d’entre eux habitent à Neuchâtel, et s’impliquent dans la direction de chœurs ou de fanfares. Et comme moi, beaucoup s’installent ici», raconte Ambroise de Rancourt, un Français formé à la HEM. Après un passage au Conservatoire de Paris, le jeune talent est revenu à Neuchâtel, attiré par l’enseignement de Marc Pantillon, pianiste bien connu dans le canton.

Lire aussi: Forte mobilisation pour sauver la Haute Ecole de musique

L’institution séduit à l’international grâce à sa renommée, assure Ambroise de Rancourt. «Le bouche-à-oreille compte beaucoup. Grâce à de nombreux étudiants étrangers, les professeurs se font connaître hors des frontières», explique-t-il.

La concurrence entre aspirants musiciens devrait pourtant s’intensifier. La HEM de Genève ne pourra pas absorber les 100 places supprimées de son site de Neuchâtel. «Nous ne possédons ni les infrastructures, ni le financement nécessaires», déplore François Abbé-Decarroux, directeur général de la HES-SO Genève. Les élèves en formation auront néanmoins la possibilité de terminer leur cursus, a promis la conseillère d’Etat Monika Maire-Hefti.

«Un gage de qualité»

Avec une proportion d’étudiants étrangers qui avoisine 80%, l’école genevoise se trouve dans une situation similaire à celle de sa petite sœur neuchâteloise. C’est de bon augure, pour François Abbé-Deccaroux: «Dans une école à concours, c’est un gage de qualité d’accueillir autant d’élèves étrangers.» Au bout du lac Léman, ils viennent de France, d’Europe, d’Asie ou encore d’Amérique. «Le marché du travail dans ce domaine est, de facto, international», souligne le directeur général de la HES-SO Genève.

Selon lui, cette configuration est néanmoins «une spécificité suisse» qu’on retrouve surtout «dans les cantons limitrophes comme Bâle ou le Tessin». Un constat corroboré par un rapport du Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (Sefri). Ainsi, la Haute Ecole de musique de Suisse italienne ne comptait que 10% de diplômés suisses en 2015. A l’échelle nationale, les Suisses représentent seulement la moitié des étudiants HEM. «Un pourcentage insuffisant», estime la Confédération dans son Message culture 2016-2020.

Lire aussi: François Abbé-Decarroux: «Un seul mot clé: l’ouverture»

La source du problème, selon François Abbé-Decarroux, c’est le système de formation musicale. «Il ne permet pas de faire éclore les talents», regrette-t-il. Un constat partagé par Ambroise de Rancourt à Neuchâtel. «C’est vrai, il faut améliorer la continuité entre les classes préprofessionnelles et la HEM. Mais de là à fermer complètement la HEM...!» déplore le pianiste.

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