D'accord pour les heures supplémentaires, mais la prime est reléguée aux oubliettes. Ainsi a été scellé hier le sort des policiers genevois, qui attendaient avec impatience le verdict de la commission des finances du Grand Conseil par rapport au surcoût de leur facture liée à l'Euro 2008. Et ce n'est qu'un début: bien décidés à imposer un grand nettoyage du système de rémunération des forces de l'ordre, les députés ont sommé le patron de la Police, le socialiste Laurent Moutinot, de le réformer dans les six mois. Pour enfoncer le clou, les élus ont sollicité l'intervention de la Cour des comptes, au sujet des heures supplémentaires et des coûts globaux liés à l'Euro.

«Manque de reconnaissance»

Avant de trancher, la commission a consacré plusieurs séances au dépassement de crédit de douze millions destiné à payer les heures supplémentaires des policiers, ainsi qu'une prime de 2500 francs promise par le Conseil d'Etat pour compenser la pénibilité du travail durant l'année 2008. Comme l'annonçait Le Temps mardi, c'est donc oui pour les 137784 heures supplémentaires. La prime, qui représentait un montant de 4,3 millions, a été quant à elle supprimée par les députés.

«C'est un signe de dédain à notre égard! Je suis scandalisé, se fâche le président du syndicat de la gendarmerie, Walter Schlechten. Au-delà de l'aspect financier, cette décision marque le manque de reconnaissance total des députés vis-à-vis de l'investissement extraordinaire des policiers et du personnel administratif en 2008.» Le syndicaliste prévient: ce soir, lors de l'assemblée générale de l'Union du personnel du corps de police, la riposte de la base s'organisera. «Je proposerai plusieurs pistes», élude-t-il.

Le ministre au pied du mur

Nouveau bras de fer en perspective? Ce qui est sûr, c'est que le ton adopté par la commission des finances est ferme, voire sec. Son président, le libéral Pierre Weiss, estime que le glas d'un système «complexe, opaque et très partiellement cohérent» a sonné. Il constate que «tant les spécificités du mode de calcul des heures supplémentaires que ses justifications ont suscité l'étonnement des commissaires». Un certain nombre de questions, notamment issues de la comparaison avec les autres villes hôtes de l'Euro 2008, sont restées sans réponse.

Par ailleurs, les commissaires n'ont pas apprécié que le Conseil d'Etat promette aux policiers une prime sans les consulter. L'heure n'est donc plus aux palabres: les élus demandent «formellement» au gouvernement de réformer le système dans les six mois, de manière «à mettre fin à l'inégalité de traitement avec les autres catégories de collaborateurs de l'Etat», et à s'aligner sur les pratiques des autres cantons.