Si les CFF et le BLS seront les premiers à mettre le système ETCS intégré en exploitation, le projet est en fait européen. Deux directives de l'UE obligent les Etats membres à passer au nouvel instrument de pilotage informatique ferroviaire.

L'ETCS et le Global System Mobile for Railways (GSM-R) constituent les deux composantes de l'European Rail Traffic Management System (ERTMS), un standard européen qui permettra de passer les frontières sans devoir changer de matériel roulant, comme c'est encore souvent le cas aujourd'hui. L'ETCS remplacera ainsi la quinzaine de systèmes de contrôle en vigueur aujourd'hui sur le réseau européen.

A l'heure actuelle, vingt-trois projets sont en cours d'élaboration sur le continent. Ils représentent 3000 kilomètres de voies et 800 véhicules à équiper de l'ETCS d'ici à 2007. Deux exemples: le TGV Est et l'ensemble du réseau luxembourgeois en font partie.

Une liste de six corridors continentaux a été établie. L'un de ces axes traverse la Suisse: il s'agit de Rotterdam-Gênes. Il devra être utilisable en mode ETCS d'ici à 2012. Une lettre d'intention a été signée en mars par les gouvernements néerlandais, allemand, suisse et italien.

Il est cependant difficile de dire aujourd'hui si les délais seront tenus. Cela dépend souvent de la volonté politique des gouvernements en place, et cette volonté n'est pas partout aussi marquée qu'en Suisse.

S'agissant du réseau suisse, 610 motrices seront munies du nouvel outil de pilotage. A l'heure actuelle, 468 sont déjà en état de recevoir les données transmises du poste central radio par téléphone mobile.

Le coût de l'opération est estimé à 610 millions de francs: 300 millions pour le tronçon Mattstetten-Rothrist, entre Berne et Olten, 130 millions pour le tunnel de base du Lötschberg, 130 millions pour les locomotives et 50 millions pour un tronçon pilote entre Zofingue et Sempach, sur la ligne Olten-Lucerne. Cette somme est financée par le fonds pour les transports publics voté par le peuple en 1998. C'est aussi sur ce fonds que l'on prélève l'argent nécessaire à la construction des NLFA (16,4 milliards) et les deux étapes de Rail 2000 (10,6 milliards).

C'est le groupe français Alstom qui a reçu le mandat de développer le système ETCS pour le réseau et le matériel roulant des CFF. Pas de problème de compatibilité de ce côté-là. Il est toutefois nécessaire que les autres trains puissent aussi reconnaître les signaux qui leur sont envoyés. Il a donc fallu adapter les rames allemandes (équipées par Siemens) et les motrices de Cargo CFF (Bombardier). De même, l'ETCS doit être interopérable avec le système informatique installé au Lötschberg par Alcatel, qui a remporté l'appel d'offres lancé par BLS AlpTransit pour l'équipement du nouveau tunnel de base. «Les standards sont les mêmes», tranquillise cependant Arnold Trümpi.