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Les chevaux ont été évacués par l’armée.
© Ennio Leanza / Keystone

Suisse

Evacuation des chevaux à Hefenhofen (TG)

Les 90 chevaux de l’éleveur maltraitant ses animaux à Hefenhofen (TG) ont été évacués vers un centre militaire à Schönbühl (BE)

Le transport a été effectué mardi par sept camions spéciaux de l’armée. Le médecin cantonal a ordonné pour l’éleveur un placement à des fins d’assistance.

L’opération a débuté après midi et s’est terminée en fin d’après-midi. Les chevaux ont été transférés dans le centre de compétence et de service vétérinaire de l’armée, non loin de Berne. Un contrôle avant l’évacuation a montré que tous les chevaux pouvaient être transportés sans problème, a indiqué mardi l’Office vétérinaire du canton de Thurgovie.

Porcs, bœufs, moutons, chèvres et lamas

Les 210 autres bêtes de la ferme ont été évacuées le matin déjà avec l’appui de marchands d’animaux. Il s’agit d’une centaine de porcs, de 50 bœufs, d’une douzaine de moutons, de trois chèvres et de quelques lamas. Ces derniers seront placés dans une exploitation spécialisée qui doit encore être trouvée.

Lundi, la task force réunissant l’Office vétérinaire, la police cantonale, le procureur général et l’Office de l’agriculture a décidé d’agir contre l’éleveur accusé de maltraitance: une grosse opération de police a été organisée.

Arrestation

L’éleveur âgé de 49 ans a été arrêté dans sa ferme, sans manifester d’opposition. Il a été interrogé et a passé un examen médical, a indiqué mardi un porte-parole de la police. L’éleveur ne retournera pas immédiatement chez lui. Le médecin cantonal a ordonné un placement à des fins d’assistance qui peut durer au maximum six semaines.

L’éleveur s’est aussi vu signifier une décision superprovisionnelle lui interdisant de détenir des animaux. Les bêtes évacuées mardi ne lui seront pas rendues, a indiqué Paul Witzig, vétérinaire cantonal.

La section thurgovienne de la Protection suisse des animaux dénonce depuis plusieurs décennies les violations de la loi sur la protection des animaux. «Le cas de Hefenhofen n’est pas unique», a déclaré à l’ats le président de la section Reinhold Zepf. Il estime que l’interdiction d’avoir des animaux n’est pas appliquée assez rigoureusement dans le canton.

Reproches rejetés

Le conseiller d’Etat Walter Schönholzer rejette les reproches formulés dans le cas de l’éleveur de Hefenhofen, déjà plusieurs fois condamné pour mauvais traitements envers les animaux. «Nous ne sommes pas restés inactifs», a-t-il assuré lundi lors d’une conférence de presse. Au cours des neuf derniers mois, l’exploitation a été contrôlée à plusieurs reprises.

A chaque contrôle, les fonctionnaires ont été insultés, menacés et entravés dans leur travail, plus particulièrement le vétérinaire cantonal, a expliqué le chef du Département de l’intérieur et de l’économie. Les contrôles étaient effectués à chaque fois sous protection policière.

L’affaire de maltraitance a été rendue publique jeudi dernier quand le Blick a publié des photos prises par une ancienne collaboratrice de l’éleveur. On y voit notamment un cheval mort et d’autres très amaigris. Selon l’ancienne collaboratrice, treize chevaux sont morts de faim dans l’exploitation ces derniers temps.

Hausse du nombre de procédures

Le nombre de procédures ouvertes pour violation de la loi sur la protection des animaux s’est multiplié ces dernières années en Suisse. Non que le nombre de cas de mauvais traitements comme à Hefenhofen a augmenté, mais parce que les autorités surveillent les détenteurs d’animaux de plus près.

En 2016, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a recensé 2368 procédures, soit 400 de plus qu’en 2015. Depuis 2010, le nombre de cas a plus que doublé. Les chiens sont concernés plus d’une fois sur deux (55%).

Condamnations pour cruauté

En 2016 toujours, environ 500 condamnations ont été prononcées pour cruauté envers les animaux, a indiqué l’OSAV à l’ats. Les chevaux sont peu souvent concernés: 54 cas en 2016 et 60 en 2015. Le plus grand nombre de condamnations touche les veaux (290).

Les condamnés s’en sortent presque toujours avec une amende (548 francs en moyenne), dans la majorité des cas avec sursis. Dix peines de prison ont été prononcées, la moitié avec sursis.

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