Les mécanismes sont clairs et tous les pays de l’espace Schengen y ont souscrit, a déclaré Michele Cercone, porte-parole de la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, mardi. Les personnes qui ne sont «pas souhaitées» par un pays peuvent être signalées dans le Système d’information Schengen (SIS). Il n’a toutefois pas voulu dire si la Suisse avait agi correctement ou non. Depuis que la crise entre Suisse et Libye fait l’objet de discussions au sein de l’UE, des critiques ont été émises contre la Suisse. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a plusieurs fois demandé que la Suisse retire sa liste. On a aussi critiqué l’application «très ­extensive» de la règle par la Suisse.

La Suisse s’appuie sur l’article 96 des règles de Schengen, qui postule qu’on peut interdire l’entrée dans l’espace Schengen de personnes dont on estime qu’elles représentent un danger «pour la sécurité et l’ordre publics, la sécurité nationale ou les relations internationales». La règle vaut particulièrement pour des délinquants ou des personnes qui préparent des actes délictueux.

«En dernier recours»

Michele Cercone a refusé de se prononcer sur les critiques émises par certains Etats. Il n’a pas non plus connaissance de la volonté de certains Etats membres de remettre en question la mise en œuvre des règles Schengen à cause de la crise helvético-libyenne. Certains ministres européens des Affaires étrangères en ont cependant parlé lundi.

De son côté, la responsable de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a déclaré que l’application de ces règles devait être «régulièrement examinée». Cela sera le cas, dans une première étape, dans le cadre du Conseil des ministres européens de l’Intérieur jeudi. Le même jour, le comité mixte Schengen, dans lequel la Suisse est représentée, se penchera aussi sur la question. La ministre Eveline Widmer-Schlumpf sera présente à Bruxelles jeudi, ce que le Département fédéral de justice et police (DFJP) a confirmé. Comme on a pu l’apprendre auprès de sources diplomatiques à Bruxelles, les ministres européens de l’Intérieur considèrent que des «mesures ou contre-mesures» telles qu’elles ont été prises par la Libye à l’égard de ressortissants de l’espace Schengen ne constituent qu’un moyen d’action «de dernier recours».