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Comment éviter les coups de foudre en montagne?

Ce samedi sont annoncés de violents orages en haute altitude. Le point sur les mesures à prendre pour ne pas être foudroyé

Chaque année, la foudre blesse grièvement une dizaine de personnes en Suisse. Elle tue même une personne tous les deux à trois ans. Si l’on dit qu’elle «ne frappe jamais deux fois au même endroit», elle s’abat toutefois plus souvent sur un secteur précis: la montagne.

La montagne, terrain propice aux orages

«Les reliefs canalisent les ascendances, ce qui donne lieu à des orages», explique Nicolas Borgognon, météorologue à MeteoNews. Plus légers que l’air froid, ces courants d’air chaud remontent le long des vallées et s’amassent en altitude, où leur proximité avec l’air froid crée des turbulences. «Les reliefs proches du Léman sont particulièrement touchés, poursuit-il. Pendant la journée, l’air au-dessus du lac chauffe et se charge en humidité, il est ensuite attiré par les côtes et aspiré vers les vallées alpines. On constate ainsi plus d’orages dans les Préalpes que dans le cœur du Valais.»

En montagne, les orages sont non seulement plus nombreux, mais ils se produisent aussi plus tôt. «Ils n’éclatent généralement qu’en fin d’après-midi en plaine, mais en haute altitude ils apparaissent dès le milieu de journée», prévient Nicolas Borgognon. Quant à la période pendant laquelle les orages en montagne sont les plus fréquents, elle s’étend de fin juin à mi-août. «Les orages n’aiment pas les surfaces enneigées, à cause de l’air froid qu’elles créent. En haute altitude, ils n’apparaissent donc qu’en été.»

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Gare aux enclumes et aux arbres isolés

Selon le météorologue, il faut se méfier des nuages en forme d’enclume. Ce sont des cumulus, qui amènent les averses, donc les orages. «Mais le phénomène est très local et peu prévisible», précise-t-il. Ariane Baioux, accompagnatrice en montagne à Verbier, se remémore toutefois un adage: «L’alpiniste descend quand l'altitude monte.» Il faudrait donc jeter régulièrement un œil à son baromètre-altimètre et redescendre dans la vallée si la pression baisse brutalement en faisant «monter» l'altitude.  

Une précaution que la randonneuse n’a pas toujours appliquée, elle qui s’est récemment retrouvée piégée par un violent orage sur les hauts de Verbier. Au dernier moment, elle a pu trouver refuge dans l’embrasure d’une porte de chalet. «La foudre tombait juste à côté de moi, dans le pâturage. C’était très impressionnant.»

Il faut se mettre accroupi dans un pré et jeter au loin tous les objets métalliques

Ariane Baioux, accompagnatrice en montagne

Mais on n’a pas toujours la chance de trouver un abri à proximité. Que faire, alors? «Il faut se mettre accroupi dans un pré et jeter au loin tous les objets métalliques que l’on a», préconise Ariane Baioux. Contrairement aux idées reçues, il ne faut donc pas se coucher car, si la foudre frappe, elle traversera le corps en entier avant de rejoindre la terre. Le but est donc de couvrir le moins de surface possible à terre afin de diminuer le nombre de parties du corps traversées par la foudre.

L’autre comportement à éviter, c’est de s’abriter sous un arbre ou un groupe d’arbres isolé. Jean-Luc Duvoisin peut en témoigner: il y a six ans, cet éleveur de Fontanezier, au-dessus d’Yverdon, a perdu quinze vaches dans un orage. «J’avais sorti les bêtes après la traite et je les ai retrouvées mortes, attroupées sous un petit groupe de résineux.» Etonnamment, il n’y avait aucune trace sur les arbres. «Certains pensent que la décharge est passée par les racines», rapporte-t-il. Mieux vaudrait donc se tenir très éloigné de tout arbre isolé.

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