Le successeur d'Yves Petignat à la fonction de délégué cantonal à l'information se nomme Pierre-Alain Berret. Il entrera en fonctions le 1er juin. Le gouvernement a choisi mardi cet économiste de 33 ans, ancien journaliste à la radio Fréquence Jura et à l'ATS, responsable depuis 1996 du service de la statistique à la Fédération patronale horlogère à Bienne et maire démocrate-chrétien (PDC) de la petite commune de Châtillon.

«Ce sera un excellent délégué à l'information, se réjouit le chancelier Sigismond Jacquod. Il apportera de la sérénité à la fonction», marquant ainsi une différence avec l'exubérance d'Yves Petignat, qui avait débouché sur un divorce avec l'exécutif en fin d'année dernière. Pierre-Alain Berret définit son style avec beaucoup de prudence: «Il s'agira de défendre l'image du Jura et de relayer les décisions du gouvernement.» Il évite de se profiler comme l'influent manager de la communication que d'aucuns appellent de leurs vœux.

La désignation de cet «excellent délégué aux relations publiques» ne s'est pourtant pas faite en parfaite sérénité. Le gouvernement s'est donné une semaine pour «affiner son choix», selon le chancelier Sigismond Jacquod. Il était dans un premier temps partagé entre plusieurs candidatures, toutes démocrates-chrétiennes, débouchant sur un duel entre Pierre-Alain Berret et un ancien collaborateur du secrétariat du PDC suisse.

Un autre candidat

Sans émettre la moindre réserve sur les qualités du délégué à l'information retenu, l'exécutif a pourtant peut-être laissé filer un autre candidat susceptible d'accroître l'éclat de la fonction. Prévôtois d'origine, ancien journaliste au Pays, à Fréquence Jura, à la TSR, rédacteur en chef de Radio Suisse internationale et depuis un an et demi porte-parole de l'état-major de l'armée à Berne, Philippe Zahno a manifesté de l'intérêt pour le poste jurassien. Avant de renoncer. «En tout Jurassien expatrié sommeille l'envie irrépressible de rentrer au pays», explique-t-il. L'analyse rationnelle l'a fait préférer son emploi bernois, «où le boulot me passionne».

La comparaison salariale a aussi pesé, «même si cette question n'est pas prioritaire», précise Philippe Zahno. Lorsqu'il a été engagé à l'état-major, la mise au concours prévoyait une fourchette salariale comprise entre 125 et 145 000 francs. Le Jura n'offre à son délégué à l'information qu'un traitement de 95 à 105 000 francs, pouvant grimper à 120 000 francs dans le meilleur des cas.

Pour traduire l'importance qu'il accorde à la communication, à la transparence et l'image qu'il souhaite donner du canton, pour appliquer l'un des objectifs du projet «Pays ouvert» qui consiste à retenir ou faire revenir des Jurassiens en misant sur la valeur ajoutée qu'ils peuvent apporter, le Jura n'aurait-il pas pu faire une entorse aux procédures et casser sa tirelire pour s'offrir un manager de la communication chevronné? «La question ne s'est pas posée», répond laconiquement le chancelier.

«Même s'il faut faire des efforts pour engager des spécialistes, je comprends que le gouvernement jurassien ne casse pas sa tirelire, concède Philippe Zahno. S'il l'avait fait, il aurait rompu des équilibres, risqué des remous.» Le gouvernement ne lui a ainsi pas fait d'offre particulière.