Il était l'un des candidats tout désigné à un internement à vie. Fabrice A., prévenu d'assassinat pour avoir tué une sociothérapeute de La Pâquerette lors d'une sortie accompagnée en septembre 2013, pourrait pourtant échapper à la mesure la plus radicale du code pénal. Les deux expertises psychiatriques, dont les conclusions ont été révélées sur le site de la Tribune de Genève, se refusent à un pronostic définitif. Les spécialistes seront entendus prochainement pour expliciter leurs positions.

Le procureur général Olivier Jornot confirme avoir bien reçu les deux rapports mais n'en dira pas beaucoup plus sur leur contenu. Le magistrat, chargé de cette procédure particulièrement sensible, se contente de préciser «qu'il y a beaucoup à clarifier» et «qu'une audience est d'ores et déjà planifiée pour ces auditions». Les expertises, confiées à deux groupes de spécialistes suisses et français et menées successivement, ont été dévoilés en même temps aux parties. 

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Sans surprise, Fabrice A., délinquant sexuel récidiviste du pire, est dépeint par les experts comme un psychopathe extrêmement dangereux. Une mise à l'écart durable est donc préconisée sous la forme d'un internement ordinaire. Autre est la question de savoir si un internement à vie, qui suppose une incurabilité sans fin, est indiqué.

Comme l'un des experts de l'affaire Marie, la jeune Vaudoise victime de la fureur d'un condamné, les psychiatres de l'affaire Adeline ne sont visiblement pas des adeptes de prédictions à si long terme. Le diagnostic posant une dangerosité irrémédiable ne fait, aux yeux beaucoup de spécialistes, pas sens sur le plan scientifique.