L’abattage du bois a reculé de 8% dans les forêts suisses en 2012. Les prix du marché baissent et les frais de récolte du bois augmentent, créant un marché particulièrement difficile. «Le recul touche presque exclusivement l’assortiment le plus important, soit les grumes de conifère (n.d.l.r.troncs d’arbre non équarris)», souligne la Confédération dans un communiqué jeudi. Le bois d’énergie et d’industrie subit le marché de manière moins marquée puisqu’il est presque récolté dans des quantités identiques aux années précédentes.

Les forêts privées sont plus touchées par cette baisse d’exploitation que les forêts publics. Cette situation a aussi un impact sur les scieries suisses qui ont vu leur débitage de bois rond diminuer de 10%. Paradoxalement, «les constructions en bois sont en plein boom et les entrepreneurs peuvent profiter de produits finis et semi-finis fabriqués à l’étranger à des coûts beaucoup moins importants et importés à un taux de change avantageux», note le communiqué de la Confédération. Cette concurrence provoque une pression sur les prix. «En 2012, les prix du marché étaient inférieurs à ceux des grumes des pays voisins, bénéficiant d’une forte demande».

Le secteur ne survivrait pas dans les régions de montagne sans l’aide des pouvoirs publics qui ont versé en 2012 quelque 182 francs par hectare pour la gestion des forêts. Un propriétaire de forêt perd en moyenne 8 francs par mètre cube de bois récolté. Ses frais de récolte se montent à 79 francs pour un produit net de 71 francs. «Si l’on tient également compte des frais d’exploitation pour la desserte forestière, l’entretien des forêts, les prestations en faveur de la fonction sociale de la forêt, l’infrastructure et l’administration, le découvert se monte en moyenne à 77 francs pour l’exploitation d’un hectare de forêt ou à 17 francs pour un mètre cube de bois», conclut le communiqué.