enquête

Exposition vandalisée à Genève: qui en veut à l’OSR?

Une exposition en plein air marquant les 100 ans de l’Orchestre de la Suisse romande (OSR) a été vandalisée à deux reprises. L’orchestre et Niels Ackermann, le photographe visés, s’expriment sur ces actes, pour lesquels une double plainte pénale a été déposée

Vingt-deux panneaux à terre: c’est la triste découverte faite ce week-end sur le quai Wilson, à Genève. Sur la soixantaine de photographies de Niels Ackermann, exposées en plein air pour célébrer le centenaire de l’Orchestre de la Suisse romande (OSR), plus de la moitié a été vandalisée, des faits que les réseaux sociaux ont abondamment relayés, images à l’appui.

C’est la deuxième fois en dix jours que cette exposition est attaquée. La semaine dernière, 14 panneaux avaient déjà été renversés au sol sur les 30 alignés le long du lac. Après avoir lancé un appel à témoin pour l’événement survenu dans la nuit de samedi à dimanche, l’orchestre a diffusé un texte validé par Sami Kanaan, maire de Genève et chargé de la Culture.

Pour moi, il ne peut s’agir que d’un vandalisme gratuit

Niels Ackermann, photographe

La directrice administrative de l’OSR, Magali Rousseau, confirme le dépôt d’une double plainte pénale contre X et dénonce cet acte d’autant plus «incompréhensible» qu’il concerne le «travail formidable de Niels Ackermann» et représente un «message de démocratisation culturelle sans aucune connotation politique». La responsable ne peut «imaginer qu’il y ait une intention derrière ce geste inconcevable».

«La musique n’est pas attaquée»

«Lors du premier événement, nous avons d’abord pensé à la bise qui soufflait ce jour-là», poursuit Magali Rousseau. «Mais cette fois, il ne peut s’agir que d’un acte délibéré. Une sortie de boîte éméchée? Nous espérons que les caméras de surveillance de l’hôtel et des bâtiments officiels voisins nous en diront plus. Nous sommes en train d’étudier la mise en place d’un dispositif de contrôle avec la ville. Quoi qu’il en soit, nous remonterons les panneaux tant qu’il le faudra.»

De son côté, Niels Ackermann reste serein. «Pour moi, il ne peut s’agir que d’un vandalisme gratuit. Je suis heureux que l’exposition soit déjà remise sur pied. Ce genre de projet en plein air représente toujours un risque. Ceux qui ont fait ça n’ont certainement même pas regardé les images avant de les renverser.»

«J’aurais été plus atteint s’il s’était agi d’une exposition de type politique ou social, dont le message aurait été spécifiquement ciblé. Ici, de toute évidence, la musique n’est pas attaquée. A moins qu’il s’agisse de beethovéniens radicalisés qui ne supportent pas les programmations de l’OSR…»

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