A deux semaines des élections cantonales, le scrutin ne manquera pas de soulager les autorités, qui se seraient retrouvées dans une situation inconfortable si le non l’avait emporté. Bien que le vote ne soit que consultatif, puisque la Ville de Genève se prononçait suite à un référendum contre le préavis positif de l’exécutif municipal au projet de nouveau bâtiment, le message est clair: Genève ne veut pas se priver de la prestigieuse et lucrative présence de l’OMC, surtout en ces temps de crise économique.

Reste maintenant à mener la bataille au plan cantonal: le parlement devra voter le déclassement des terrains qui accueilleront le futur immeuble, au bord du Léman. Là encore, les opposants pourraient lancer un référendum. Ces derniers, qui ont fustigé le projet pendant la campagne en affirmant qu’il privera les Genevois du parc Barton, notamment à cause des barrières de sécurité qui seront érigées, devront décider s’ils abandonnent le combat pour suivre la volonté du peuple

Le projet d’extension était soutenu par les autorités de la Ville et du canton ainsi que par la majorité des partis genevois et, financièrement, par la Confédération. Soulignant l’apport culturel et économique de la Genève internationale, ils estimaient qu’un «non» risquait d’affaiblir la position de la Cité de Calvin en tant que capitale internationale.

Les électeurs ont été sensibles à cet argument. Ils ont aussi considéré que le nouveau bâtiment, construit au bord du lac Léman, n’allait pas dénaturer le parc Barton, puisqu’il doit être érigé sur le parking actuel de l’organisation. Grâce à cette extension, le siège de l’OMC disposera de suffisamment de place pour couvrir ses besoins jusqu’en 2040.

Les référendaires, emmenés par l’association «Action patrimoine vivant» et l’extrême-gauche genevoise, brandissaient la loi sur la protection des rives du lac. Ils estimaient aussi que les normes de sécurité des organisations internationales allaient empiéter sur le domaine public, ouvrant la porte à une privatisation des lieux.

Mais le résultat de ce scrutin pourrait être annulé, puisque les adversaires de l’extension de l’OMC ont déposé un recours auprès du Tribunal administratif, qui doit encore se prononcer. Ils estiment que la campagne de votation a dérapé: la brochure explicative était lacunaire et la photographie publiée dans le tout ménage distribué aux habitants de la Ville, mensongère.