Un peu plus de 7000 personnes originaires d'ex-Yougoslavie habitent le canton de Genève. Elles sont arrivées par vagues au gré des événements et des tragédies ayant marqué ce pays qui n'existe plus. Une première immigration économique date de la crise du milieu des années 70. Puis, à partir des années 80, l'immigration est due essentiellement aux conflits politiques et à la guerre. Des intellectuels fuyants un régime trop oppressif furent les premiers à arriver à Genève, suivis par des jeunes et des familles cherchant à échapper aux combats.

Reflet d'un pays morcelé, il n'existe aucune organisation commune à l'ensemble de la communauté. Chacune des associations régionales est elle-même très hétérogène, selon l'appartenance socioculturelle ou la tendance politique. Lorsque la situation est difficile dans le pays d'origine, les immigrés sont forcément très sensibles à ce qui s'y déroule. Ainsi, les ressortissants de l'ex-Yougoslavie sont restés parfois plus proches de la vie politique de leur pays que de la genevoise.

Mais pour Fred Ashner, président de l'association Pro-Croatia, «il existe une réelle disposition à participer à la politique locale». Pour une grande partie des ex-Yougoslaves, le fait de n'avoir qu'un statut provisoire représente un réel problème, l'incertitude sur l'avenir rendant une intégration beaucoup plus difficile, explique Claudio Bolzman, professeur à l'Institut d'études sociales de Genève. Selon le sociologue, le droit de participer à la vie politique d'une commune accélérerait le processus d'intégration, augmenterait la volonté de participer à la communauté genevoise.

Li. Ly