C’est en quelque sorte l’épilogue de la vive polémique entourant l’avion de chasse F-35. Et il laisse un sentiment mitigé. Certes, la Commission de gestion du Conseil national ne rate pas les manquements de la ministre de la Défense, Viola Amherd, et du Conseil fédéral. En revanche, son rapport passe comme chat sur braise sur l’autre grand axe du dossier, l’évaluation technique du Département fédéral de la défense.

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Où sont les experts externes?

Le F-35 a-t-il été avantagé par les 79 sous-critères des tests, tenus secrets? A-t-il été indûment favorisé par la baisse des heures de vol (et donc des frais fixes) dont il a été le seul à bénéficier? Un faisceau d’éléments posait d’insistantes questions. Mais la Commission de gestion n’a pas éclairé ces aspects.

C’est dommage, sans remettre en cause le sérieux des élus. Raison invoquée: la haute technicité du volet aéronautique. Pourquoi n’avoir alors convié aucun expert externe, comme cela se fait régulièrement dans les travaux des commissions parlementaires? Mystère.

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En lieu et place, la Commission de gestion tire à boulets rouges sur le Conseil fédéral. C’est plus facile, même si on ne peut que la rejoindre. La «palme» revient à Viola Amherd, et à sa gestion catastrophique. Chaos incompréhensible dans les négociations avec les Etats des avionneurs – attribué sournoisement à ses collègues – ou promesses de transparence jamais tenues: l’arrière-goût est tenace.

Sauvée politiquement par la guerre

Au final, Viola Amherd s’en sort. Mais – et c’est cynique –, elle le doit en grande partie à la guerre en Ukraine. Le conflit a resserré les rangs de la majorité bourgeoise. Critiquer l’armée est presque devenu tabou. Dommage, alors que la Suisse a effectivement besoin d’un nouvel avion de chasse. La décision aurait pu être prise autrement. En tenant compte de l’intérêt général.

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