Le pilote de l’avion de combat disparu en haute montagne lundi a-t-il pu survivre après une nuit passée à quelque 3000 mètres d’altitude?

La question est dans tous les esprits, alors que les recherches s’intensifient pour retrouver le F/A-18 qui s’est probablement écrasé dans la région du Susten, entre Uri et le Valais.

Passé le niveau de formation élémentaire, tous les pilotes de combat suisses sont formés à la survie en haute altitude. Ils doivent passer une nuit sur un glacier, sans autre équipement que leur combinaison de vol et leur parachute. Leur habit de pilote n’est pas chaud: il est conçu pour résister brièvement aux flammes, mais pas au froid, témoigne un ancien pilote suisse qui a volé sur F/A-18.

Lors d’entraînements au-dessus de mers froides, comme en Norvège où les pilotes suisses s’entraînent régulièrement, les pilotes portent des combinaisons qui leur permettent de tenir 30 à 45 minutes dans les eaux glaciales, au lieu de quelques minutes seulement. Chaque pilote doit aussi s'entraîner à déployer un radeau gonflable après avoir été jeté dans le Lac de Neuchâtel depuis un filin, pour simuler l'éjection.

Inquiétante absence de signal

Dans les Alpes, une fois laissés sur leur glacier, les pilotes apprennent à creuser un trou dans la neige, à s’envelopper autant que possible dans leur parachute pour s’isoler du vent. Ils doivent ensuite utiliser tous les moyens à disposition pour communiquer avec les secours.

Leur matériel standard comprend une balise qui se déclenche automatiquement en cas d’éjection et se trouve dans le siège du pilote. Cette balise émet un son caractéristique («oui-oui-oui-oui…») sur la fréquence de secours internationale 121.5. Ce signal peut être capté par les hélicoptères et les avions Tiger de Forces aériennes.

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En l’occurrence, aucun signal ne semble avoir été émis par le pilote disparu lundi. Le commandant des Forces aériennes Aldo Schellenberg a précisé hier soir que des signaux – sans préciser lesquels – avaient permis de définir une zone présumée de l’accident, assez large d’ailleurs. Mais le fait que le pilote n'ait pas pu être retrouvé plus vite indique que le signal provenait de l'avion, ou de ce qu'il en reste, plutôt que de son siège éjectable ou de lui-même.

Comme le pilote n’a pas pu communiquer, cela suggère qu’il est resté dans son avion, sans avoir pu s’éjecter. Et que l’appareil a percuté une montagne avec une violence inouïe, ne lui laissant que d’infimes chances de survie. Le porte-parole de l'armée Daniel Reist a confirmé ce scénario: le siège a sans doute été détruit de telle sorte qu'il ne pouvait pas émettre de signaux. 

A ce stade, pourtant, le pilote est toujours porté disparu. «Les membres de la famille du pilote ont pu être informés de la situation, a précisé ce matin le Département de la défense dans un communiqué. Des CARE-Teams (équipes de prise en charge psychologique) de l’armée sont à leurs côtés. Le commandement de l’armée est en pensée avec les proches.»